À l’occasion de la 34e édition du Prix de la liberté de la presse organisée à Marseille par Reporters sans frontières, le journaliste guinéen Habib Marouane Camara a été distingué en recevant le prestigieux « Prix Mohamed Maïga » du journalisme d’investigation africain. Cette récompense, qui honore l’excellence, le courage et l’engagement des journalistes africains dans la recherche de la vérité, vient saluer le parcours professionnel et les enquêtes menées par Habib Marouane Camara. Cette distinction internationale constitue également une reconnaissance du dynamisme du journalisme guinéen et de la contribution des professionnels des médias africains à la promotion de la liberté de la presse et de la démocratie sur le continent.
Chers Journalistes, membres de Reporters Sans Frontières ;
Chers Patrons et Hommes de médias, défenseurs des droits de l’homme ;
Mesdames et Messieurs ;
Distingués invités ;
C’est un honneur pour moi d’être parmi vous ce lundi 1er juin 2026, à l’occasion de la 34e édition du Prix de la liberté de la presse de Reporters sans frontières (RSF), à laquelle, mon mari Habib Marouane Camara est nominé puis distingué, pour le prestigieux « prix Mohamed Maïga » pour le journalisme d’investigation africain. Une distinction qui attire tous les regards, alors que mon époux est porté disparu depuis le 3 décembre 2024. Plus d’une année, 5 mois après sa disparition forcée, nous n’avons toujours pas des nouvelles de lui.
Mesdames et Messieurs ;
Aujourd’hui, sa petite fille qui est née quelques mois seulement après sa disparition forcée, grandit tout en ignorant qui est son père, ne l’ayant jamais vu. Son père, convalescent, est abattu par cette pénible situation, devenue tellement insupportable pour lui.
Mesdames et Messieurs ;
Je n’avais pas prévu de long discours. Je ne m’attendait vraiment pas à cette distinction. C’est pourquoi, ici, solennellement, je tiens à saluer et à remercier Reporters Sans Frontières, pour ce geste ô si symbolique, un geste porteur d’espoir, qui réconforte à plus d’un titre. Sa famille, ses enfants, ses collaborateurs et moi, ne l’oublierons jamais.
Mesdames et Messieurs ;
Je vais terminer mon discours, en lançant un appel aux organisations de défense des droits humains, aux professionnels de l’information. Je vous prie humblement, de ne jamais oublier Habib Marouane Camara. De continuer à mettre pression sur les décideurs publics en Guinée, afin de nous aider à retrouver sain et sauf notre journaliste porté disparu.
En le faisant, nous aurons rendu grand service à un Journaliste en danger, à un journaliste victime de son audace, victime de ses prises de position, aussi, victime de sa passion de dire les faits tels qu’ils sont.
Je vous remercie.
Mariama Lamarana DIALLO, Journaliste ;
Épouse de Habib Marouane Camara.