Le Tribunal de première instance de Mafanco a tranché, mardi 26 mai 2026, dans l’affaire du jet privé Gulfstream G-IV immatriculé N520GP, au cœur d’un dossier ayant suscité une forte attention médiatique et diplomatique depuis plusieurs mois.
Les pilotes américains Bradley Scott Schlenker et Fabio Nicolas Espinal Nunez, ainsi que leur compagnon brésilien Mendoca Gama Reins Kelton, ont été reconnus coupables de violation de l’espace aérien guinéen et d’atterrissage non autorisé sur le territoire national.
Dans sa décision, le tribunal a condamné Bradley Scott Schlenker et Mendoca Gama Reins Kelton au paiement d’une amende de 420 millions de francs guinéens chacun. Fabio Nicolas Espinal Nunez a, pour sa part, été condamné à une amende de 400 millions de francs guinéens. Les frais et dépens du procès restent également à la charge des condamnés.
Le juge a toutefois ordonné la restitution du jet privé Gulfstream G-IV N520GP à son propriétaire, avec la levée de la saisie conservatoire prononcée en janvier 2026. Quant aux passeports des trois étrangers, ils ne leur seront remis qu’après le paiement intégral des amendes infligées.
Une affaire qui remonte à décembre 2025
L’affaire remonte à la nuit du 29 au 30 décembre 2025. Les trois hommes avaient été interpellés après l’atterrissage d’un jet privé à l’aéroport international Ahmed Sékou Touré de Conakry, au lendemain de l’élection présidentielle guinéenne, dans un contexte sécuritaire particulièrement sensible.
Selon les autorités guinéennes, l’appareil avait pénétré l’espace aérien national sans autorisation préalable avant d’effectuer un atterrissage jugé illégal. Les prévenus avaient alors été poursuivis pour violation de l’espace aérien, atterrissage non autorisé et atteinte présumée à la défense nationale.
À bord du Gulfstream se trouvait une famille brésilienne de cinq personnes en provenance du Suriname et à destination de Dubaï. Les pilotes soutenaient qu’il ne s’agissait que d’une escale technique destinée au ravitaillement en carburant et affirmaient avoir maintenu un contact permanent avec les contrôleurs aériens durant le vol.
Cette version avait été contestée par les autorités guinéennes, qui estimaient qu’aucune autorisation officielle d’atterrissage n’avait été délivrée à l’appareil.
Détention et tensions diplomatiques
Après leur arrestation, les deux pilotes américains avaient été placés en détention à la Maison centrale de Conakry pendant plusieurs semaines. L’affaire avait rapidement pris une dimension internationale, plusieurs médias américains s’étant saisis du dossier.
Les familles des pilotes avaient même sollicité l’intervention des autorités américaines, dénonçant des accusations qu’elles jugeaient infondées. Des proches des accusés affirmaient que les autorisations nécessaires auraient été préparées par un agent local chargé du vol.
Au fil de la procédure, la justice guinéenne avait accordé une liberté sous contrôle judiciaire aux accusés, tout en maintenant la confiscation de leurs passeports et la saisie de l’avion.
Avec ce verdict du tribunal de Mafanco, la justice guinéenne met officiellement un terme à l’un des dossiers judiciaires les plus suivis de ces derniers mois dans le secteur aérien en Guinée.
Gabriel Soumah/Lejour.Info