Conakry : les ex-employés d’Albayrak manifestent pour réclamer 14 milliards GNF

 

Plusieurs centaines d’anciens employés de la société Albayrak ont manifesté, mardi 14 avril 2026, à l’entrée du Port autonome de Conakry, dans la commune de Kaloum, pour exiger le paiement de leurs droits sociaux estimés à 14 milliards de francs guinéens.

Selon les informations recueillies, ils seraient au total 526 travailleurs licenciés depuis plusieurs mois. Dès les premières heures de la matinée, les manifestants ont investi les abords du port, brandissant des pancartes et scandant des slogans pour attirer l’attention des autorités et de leur ancien employeur.

Une décision de justice toujours non exécutée

Au cœur de la contestation, une décision de justice rendue le 19 février 2026 par le tribunal compétent, qui aurait condamné la société à verser près de 14 milliards GNF aux ex-travailleurs. Malgré ce verdict, les manifestants affirment n’avoir reçu aucun paiement à ce jour.

« Nous voulons notre argent. Cela fait plusieurs mois que nous attendons. Nous avons gagné en justice, mais rien n’a été exécuté », a déclaré un manifestant, exprimant une frustration largement partagée.

Un licenciement jugé abusif

Les anciens employés dénoncent ce qu’ils qualifient de licenciement abusif, intervenu sans indemnités ni respect des procédures légales. Pour beaucoup, cette situation dure depuis octobre 2025 et a plongé plusieurs familles dans des difficultés économiques importantes.

Le porte-parole du collectif, Moussa Fofana, explique que l’entreprise avait initialement proposé une indemnisation bien inférieure, estimée à environ 3,8 milliards GNF, une offre rejetée par les travailleurs qui ont alors saisi la justice.

Une pression accrue sur les autorités

Après leur rassemblement devant le port, certains manifestants ont tenté de se rapprocher des autorités, notamment au niveau du ministère des Transports, afin de faire avancer le dossier.

Face à l’impasse actuelle, les ex-employés assurent qu’ils poursuivront leur mobilisation jusqu’au paiement intégral de leurs droits. Pour eux, au-delà de l’aspect financier, il s’agit d’un combat pour la justice et la dignité.

Pour l’heure, la direction de la société Albayrak ne s’est pas officiellement exprimée sur cette nouvelle manifestation, tandis que la procédure judiciaire se poursuit en appel.

Aminata Diallo/Lejour.Info