A Mamou, le procureur de Nzérékoré, Mohamed Bangoura périt dans un accident de la route

Le magistrat Mohamed Bangoura a trouvé la mort ce mercredi 8 avril à l’entrée de Mamou, moins de deux mois après sa prise de fonctions. Un nouveau deuil pour l’appareil judiciaire guinéen.

La série noire se poursuit pour la magistrature guinéenne. Quelques semaines seulement après la disparition de Malick Marcel Oularé, procureur de Pita, le corps judiciaire est de nouveau frappé par un drame brutal. Mohamed Bangoura, procureur de la République près le Tribunal de première instance de Nzérékoré, est décédé ce mercredi 8 avril au matin dans un accident de la circulation.

Le drame est survenu à Bantaworo, à l’entrée de la ville de Mamou, carrefour stratégique entre la capitale et l’intérieur du pays. Selon les premières informations recueillies auprès de sources judiciaires, le magistrat avait quitté la « capitale forestière » dans la soirée du mardi 7 avril pour le rassemblement Conakry. Les circonstances exactes de la collision restent encore imprécises, mais le bilan fait également état de plusieurs blessés dont l’identité et l’état de santé n’ont pas été communiqués.

Une ambition de réforme fauchée en plein vol

Cette disparition laisse un vide institutionnel dans la région de Nzérékoré. Nommé récemment par décret, Mohamed Bangoura n’avait officiellement pris ses fonctions que le 13 février dernier. Lors de son installation solennelle, il avait marqué les esprits en promettant une rupture avec les pratiques passées.

Sous les yeux des autorités régionales, il s’était engagé à bâtir une institution « rigoureuse, impartiale et accessible » , érigeant la lutte contre l’impunité en priorité de son mandat. Son décès prématuré intervient alors qu’il incarnait, pour beaucoup, une volonté de renouveau de l’action publique dans une zone administrative souvent confrontée à des défis sécuritaires et judiciaires complexes.

Le ministère de la Justice n’a pas encore publié de communiqué officiel, mais l’émoi est déjà palpable dans les cours et tribunaux du pays, où l’on déplore la perte successive de deux cadres prometteurs de la nouvelle génération de magistrats.

Fatouma Camara/Lejour.Info