Deux pilotes de jet privé américain sont bloqués depuis plus de trois mois dans la capitale guinéenne, où ils attendent toujours leur procès. Fabio Nicolas Espinal Núñez et Bradley Scott Schlenker ont été libérés sous caution début mars 2026, mais restent sous le coup d’accusations de violation de l’espace aérien et d’atterrissage non autorisé. Une affaire qui, derrière les apparences d’un simple incident technique, mobilise discrètement diplomates, ONG et sociétés de renseignement.
L’histoire commence le soir du 20 décembre 2025. Le Gulfstream IV que pilotaient les deux hommes se pose à l’aéroport international Ahmed Sékou Touré de Conakry pour un ravitaillement en carburant avant de poursuivre vers Dubaï. Selon les autorités guinéennes, l’appareil a violé l’espace aérien et atterri sans autorisation. Les pilotes, eux, affirment avoir reçu le feu vert de la tour de contrôle.
Après plusieurs mois de détention, Espinal Núñez et Schlenker ont été placés en résidence surveillée un hôtel situé dans la banlieue de . Leur passager, l’homme d’affaires brésilien Kelton Mendonça Gama Reis, voyageait avec sa femme, leurs deux filles et un membre de son personnel. Toute la famille est assignée à résidence aux portes de Kaloum , dans l’attente d’un procès dont la date n’a toujours pas été fixée.
Une mobilisation discrète mais active
L’ONG américaine Global Reach, spécialisée dans la libération de citoyens détenus injustement à l’étranger, est entrée dans la danse. Elle a déjà organisé le rapatriement de dizaines d’otages dans le monde, notamment en Libye. Global Reach travaille activement à la libération d’Espinal Núñez et a dépêché à Conakry, ces derniers jours, sa représentante Stacia George, ancienne cadre du Carter Center et de Chemonics International.
Le pilote, double national dominicain et américain, bénéficie également du soutien de la République dominicaine. L’ambassade dominicaine au Maroc, via son ambassadrice Sandra Abinader, a ouvert un canal direct avec les autorités guinéennes.
De son côté, Bradley Scott Schlenker est appuyé par la société de renseignement privée Hawkwood. Cette structure discrète, qui affirme intervenir au Nigeria pour protéger les communautés chrétiennes du centre du pays, a également envoyé un agent sur place à Conakry.
Enjeux diplomatiques en arrière-plan
L’incident n’a pour l’instant pas pesé lourdement sur les relations entre Conakry et Washington. Il intervient pourtant à un moment sensible : le président guinéen, le général Mamady Doumbouya, doit effectuer une visite officielle aux États-Unis dans les prochains mois. Pour préparer ce déplacement, l’un de ses conseillers spéciaux, Ousmane Doumbouya, est attendu prochainement à Washington en coordination avec le Département d’État américain.
Dans ce contexte, la résolution rapide et discrète de l’affaire pourrait constituer un geste utile des deux côtés.
La Rédaction
Article rédigé à partir des informations publiées par Africa Intelligence