L’alternance interne n’est pas une condamnation politique : halte aux dérives et aux amalgames (Par Dr Faya Lansana Millimouno)
Créer l’alternance à la tête d’un parti politique n’est pas un crime. Ce n’est pas non plus un arrêt de justice. Ce n’est certainement pas une décision de mise au ban de la République.
Ce que le Bloc Libéral (BL) a démontré, en organisant l’alternance à sa tête, est un acte de maturité démocratique rare dans notre espace politique. C’est la preuve qu’un parti peut évoluer, se renouveler et se transformer sans se renier.
Mais voilà que certains tentent de transformer un choix politique interne en une prétendue sanction judiciaire. Comme si une alternance devenait, par un tour de passe-passe, un arrêt d’une Cour suprême imaginaire déclarant que Dr Faya Lansana MILLIMOUNO ne milite plus, n’a plus droit à la parole, ne peut plus être candidat — et, pourquoi pas, n’aurait même plus la nationalité guinéenne.
Il faut le dire clairement : c’est une absurdité dangereuse et politiquement incorrecte. En effet, aucune juridiction de la République de Guinée n’a jamais prononcé une telle décision. Aucun texte de loi ne permet de transformer une alternance interne en exclusion citoyenne. Confondre les deux relève d’une tentative délibérée de disqualification politique.
Il faut le dire avec force et conviction : le respect de la loi n’est pas à géométrie variable. S’il y a un acteur politique qui a toujours défendu le respect strict des lois de la République, c’est bien Dr Faya Lansana MILLIMOUNO. Ceux qui aujourd’hui instrumentalisent le droit pour tenter de l’écarter devraient commencer par s’y conformer eux-mêmes.
Car pendant que certains manipulent les règles, une réalité plus profonde s’impose pourtant à tous : la crise de liquidité qui frappe aujourd’hui le pays. Cette crise n’est pas un accident. Elle est le symptôme d’un échec de gouvernance. Un échec systémique, visible, ressenti, vécu au quotidien par les citoyens. Un échec qui n’a même plus besoin d’être démontré tant ses effets sont évidents. Le mentionner ne devait pas déranger tant !
Dans un tel contexte, vouloir détourner le débat public vers des querelles artificielles autour de la légitimité d’un acteur politique relève d’une fuite en avant.
Il faut persister et signer que le processus électoral en cours est effectivement entaché de graves irrégularités. Mais le plus grave est ailleurs. Ce qui se joue actuellement dans le processus électoral dépasse les personnes. Il s’agit d’une mise à mal des règles fondamentales de la démocratie.
Les irrégularités sont nombreuses, répétées et documentées : rejets arbitraires de candidatures, absence de notifications conformes à la loi, interventions partisanes de l’administration, confusion entre pouvoir public et compétition politique.
Les cas de Gueckédou et de Kissidougou sont, à cet égard, emblématiques. En effet, dans ces circonscriptions, le Bloc Libéral a été empêché de compétir dans des conditions normales. Et chacun sait pourquoi. Ce n’est ni une question de dossiers, ni une question de procédure. C’est une question de personne. Parce qu’il s’agit de Dr Faya Lansana MILLIMOUNO, certains ont cru pouvoir tordre les règles, contourner la loi et verrouiller le jeu politique.
C’est une faute grave. C’est une atteinte directe au pluralisme.C’est un précédent dangereux.
Heureusement que le droit résiste encore. En effet, dans ce contexte préoccupant, il est juste et nécessaire de saluer le courage de certains magistrats. Des magistrats qui, malgré les pressions, ont choisi de dire le droit. Des magistrats qui ont rétabli dans leurs droits des candidats injustement écartés.
Des magistrats qui ont refusé de transformer la justice en instrument politique.
Leur attitude honore l’institution judiciaire. Elle rappelle que, même dans les périodes de tension, il existe encore des femmes et des hommes attachés à la loi, à l’équité et à la vérité.
Pour conclure, disons que défendre la démocratie, c’est refuser les amalgames. L’alternance interne n’est pas une condamnation. Un engagement politique n’est pas un crime. Et nul ne peut être exclu de la République par la simple volonté de ses adversaires.
Ce qui est en jeu aujourd’hui dépasse les parcours individuels.C’est la crédibilité des institutions.
C’est la sincérité du processus électoral. C’est l’avenir démocratique du pays.
Face aux amalgames, aux manipulations et aux dérives, une seule ligne doit prévaloir : le respect du droit, dans toute sa rigueur et dans toute son impartialité. Car sans droit, il n’y a pas de démocratie. Et sans démocratie, il n’y a pas de paix durable.