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Meurtre de la Canadienne Rachelle Wrathmall : le principal suspect Rafiou Sow arrêté à Conakry, 19 ans après les faits

Nouveau rebondissement dans l’une des plus anciennes affaires criminelles non élucidées du Canada. Rafiou Sow, considéré depuis des années par les enquêteurs québécois comme le principal suspect du meurtre de la Canadienne Rachelle Wrathmall, a été interpellé dans la soirée du vendredi 19 juin 2026 à son domicile de Koloma Soloprimo, dans la commune de Ratoma à Conakry.

Selon plusieurs sources concordantes, l’arrestation est intervenue aux environs de 20 heures, quelques jours seulement après l’ouverture officielle d’une enquête judiciaire par le parquet général près la Cour d’appel de Conakry. Cette interpellation marque une accélération spectaculaire dans un dossier qui empoisonne les relations entre la famille de la victime et la justice depuis près de deux décennies.

Un crime qui remonte à 2007

L’affaire remonte au 29 juin 2007. Ce jour-là, Rachelle Wrathmall, une Canadienne de 31 ans résidant à Lennoxville, dans la province du Québec, est retrouvée morte à son domicile. La jeune femme a été poignardée à plusieurs reprises. Rapidement, les enquêteurs de la Sûreté du Québec orientent leurs soupçons vers son mari d’origine guinéenne, Rafiou Sow.

Selon les éléments rapportés par plusieurs médias canadiens, notamment le quotidien La Presse, le couple connaissait des difficultés conjugales importantes. Des proches de la victime auraient évoqué un climat de jalousie, de menaces et de violences psychologiques. Les enquêteurs ont progressivement accumulé des indices laissant croire que le suspect aurait quitté le Canada peu après le meurtre pour rejoindre l’Afrique via le Maroc.

Malgré ces soupçons persistants, aucune accusation criminelle n’avait été formellement portée contre lui au Canada, notamment en raison de difficultés liées à la procédure et à son départ du territoire canadien. Le dossier est ainsi resté officiellement non résolu pendant près de 19 ans.

L’enquête canadienne relancée par une journaliste

Le dossier a connu un regain spectaculaire d’intérêt ces dernières semaines grâce à une vaste enquête du quotidien québécois La Presse. La journaliste Isabelle Hachey s’est rendue à Conakry pour retrouver Rafiou Sow et l’interroger sur cette affaire.

Face à la journaliste, l’intéressé a nié toute implication et aurait même contesté avoir entretenu une relation avec la victime, avant d’interrompre brusquement l’entretien. Les révélations publiées au Canada ont suscité une forte émotion dans l’opinion publique québécoise ainsi qu’en Guinée.

Le parquet général de Conakry entre en scène

Sous la pression de cette médiatisation internationale, le parquet général près la Cour d’appel de Conakry a annoncé, le 17 juin dernier, l’ouverture d’investigations judiciaires visant Rafiou Sow.

Dans un communiqué signé par le procureur général Falou Doumbouya, la justice guinéenne a indiqué avoir été saisie d’une dénonciation relative à des faits susceptibles de constituer un meurtre. Le parquet a alors ordonné l’ouverture d’une enquête confiée au procureur de la République près le tribunal de première instance de Dixinn ainsi qu’à la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ).

Les autorités judiciaires ont rappelé que la législation guinéenne permet, sous certaines conditions, de poursuivre des ressortissants guinéens pour des crimes commis à l’étranger, conformément aux dispositions du Code de procédure pénale relatives à la compétence extraterritoriale des juridictions nationales.

Une arrestation qui ouvre une nouvelle phase

L’interpellation de Rafiou Sow, vendredi soir à Conakry, constitue désormais une étape majeure dans cette affaire. Les enquêteurs guinéens devraient procéder à une série d’auditions et d’investigations afin d’examiner les éléments transmis par les autorités canadiennes et d’évaluer la responsabilité éventuelle du suspect.

Du côté de la famille de Rachelle Wrathmall, cette évolution est perçue comme un espoir de voir enfin la vérité éclater après près de deux décennies d’attente. Plusieurs proches de la victime ont déjà indiqué être prêts à collaborer avec la justice guinéenne si des demandes de témoignages ou de coopération internationale étaient formulées.

Pour l’heure, Rafiou Sow demeure présumé innocent. Seule l’issue des investigations ouvertes par les autorités judiciaires guinéennes permettra de déterminer son éventuelle implication dans ce meurtre qui continue de hanter la mémoire collective au Québec comme en Guinée.

 

Lejour.info