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Aurevoir le mois de l’enfant : Tant vaut l’enfant tant vaut la nation!!

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Il y a de cela 12 ans, précisément en août 2008, l’assemblée guinéenne d’alors adoptait le code de l’enfant guinéen (Loi L/2008/011/AN DU 19 AOUT 2008). Ce code est composé des dispositions préliminaires et communes, de la condition juridique de l’enfant, des définitions concrètes et claires des droits et devoirs de l’enfant guinéen. Ce code de l’enfant a connu en décembre 2019 une révision substantielle et qualitative qui s’est traduite par la correction des lacunes constatées dans la première version dudit code, tout en incluant de nouveaux domaines des droits et des devoirs des enfants.
Le titre III dudit code intitulé «de la protection de l’enfant en danger » définit, de façon claire et explicite, les formes de violations et d’abus des droits des enfants interdites par la loi de la République !
La compréhension de ces droits dans toute leur intégralité ne demande aucun effort intellectuel. Et leur mise en œuvre entière n’exige elle aussi pas d’effort insurmontable, ou en tout cas hors de portée.

En dépit de l’existence de ce code si précis et malgré la clarté de ses articles dans la définition des dispositions légales et des sanctions pénales applicables aux cas de violation de ses dispositions, force est d’admettre que de nos jours les droits de milliers de nos enfants sont quotidiennement violés par des individus inconscients et irresponsables. Parfois, ce sont des entreprises cupides qui piétinent ces droits pour assouvir leurs besoins sordides. Et souvent, malheureusemen, leurs propres parents eux-mêmes sont complices de ces situations qui participent à la violation de leurs droits bafoués.

Devant une telle réalité si ignoble, renvoyant à un constat amer, notre pays a eu raison de décréter en 1994, le mois de juin de chaque année « Mois de l’enfant guinéen ». !!
À cet effet, le mois de juin de chaque année devrait être mis à profit pour repenser les activités et les actions favorables à la promotion de l’enfance, ainsi qu’à la protection et la préservation des droits des enfants, en vue de leur permettre de passer une enfance heueuse et de s’épanouir; une enfance encadrée et orientée vers la formtion de leur personnalité au sens le plus large.
Ce mois devrait être également mis à profit pour réévaluer les programmes et activités conduites par les acteurs qui interviennent dans les domaines de la promotion et de la protection des droits des enfants, afin de renforcer les acquis et de corriger les défaillances.
Aussi, ce mois devrait être une occasion pour appliquer et faire appliquer les lois relatives aux abus quotidiens et aux violations à ciel ouvert des droits des enfants, pourtant protégés par la législation de la République.
Oui, ce mois devrait naturellement être une opportunité unique de définir un plan d’actions, assorti d’activités stratégiques, éclaté dans le temps en vue de bannir définitivement les violations les plus tangibles et les plus palpables des droits des enfants.

Pour ce faire, il va falloir urgemment sauver les enfants exploités dans les zones minières en Haute et Basse Guinée.
Il va falloir impérieusement venir au secours des enfants qui sont utilisés par les parents dans les champs au détriment de leur scolarisation.

Il va falloir nécessairement mobiliser tous les efforts pour libérer les enfants asservis comme domestiques dans les foyers et les entreprises.

Il va falloir unanimement se lever pour protéger les enfants réduits à être des marchands ambulants et des mendiants sous le soleil ardent et la pluie abondante, dans les rues et devant les lieux de culte.

Evidemment, chacun d’entre nous est interpellé moralement et humainement à dénoncer la non-application des lois de la République particulièrement celles qui sont liées aux droits des enfants. Et pour cause, l’impunité en cette matière est assimilable à un délit de notre part, ses conséquences sont néfastes, douloureuses et très dommageables pour le présent et l’avenir de toute la nation !

Oui, vu que la célébration du mois de l’enfant de juin 2020 n’a pas connu d’activités majeures pour des raisons liées à la situation sanitaire qui prévaut dans le pays et compte-tenu de la nécessité impérieuse de préserver et de protéger les droits des enfants, il va de soi de relancer le cri du cœur de nos milliers d’enfants guinéens exploités inhumainement dans les mines, asservis avec brutalité dans les foyers et utilisés sauvagement dans les champs et dans les rues !

Ce cri du cœur de cette couche très vulnérable devrait retentir dans toutes les oreilles sensibles, avoir un échos favorable dans tous les cœurs et susciter une action rapide de la part des pouvoirs publics, des partenaires techniques et financiers et des partenaires sociaux, en vue de mettre fin aux souffrances des enfants et aux dangers qui en découlent par rapport à l’avenir de la nation. Car, et il ne faut jamais l’oublier, Tant vaut l’enfant, tant vaut la nation !

Oui, le mois de l’enfant de cette année s’en est allé sans crier gare. Mais l’espoir est encore grand de tout voir incessamment les pouvoirs publics et tous les partenaires financiers et sociaux poser des actes concrets et tangibles en lieu et place des beaux discours et des belles déclarations afin de sauver les enfants de la République !
Le mois de l’enfant est parti tout en nous demandant tous de nous lever en vue de permettre aux enfants marginalisés et abandonnés d’avoir accès à une vie digne, à une santé adéquate et à une éducation de qualité !
Le mois de l’enfant nous a quitté tout en nous suppliant de refuser catégoriquement et rigoureusement toute excuse et toute complaisance visant à justifier la non application des lois de la République qui prévoient des sanctions et des châtiments contre celles et ceux qui violent les droits des enfants !
Le mois de l’enfant s’est expulsé tout en nous exhortant d’utiliser tous les moyens légaux afin de traduire sans délai devant les juridictions compétentes toutes celles et tous ceux, sans distinction ni discrimination aucune, qui exploitent et abusent des droits de nos enfants !
Le mois de l’enfant s’est retiré tout en nous persuadant de continuer à dénoncer tous les jours et sur tous les toits toute forme d’abus et d’exploitation des enfants que ce soit par des individus inconscients, ou par des entreprises sans scrupules ou par des parents irresponsables !

Enfin, le mois de l’enfant a tourné sa propre page, tout en comptant sur ceux et celles qui vont continuer à défendre sa cause contre vents et marées!
Oui, ces consignes et recommandations du mois de l’enfant nous amènent à formuler des vœux et des souhaits auprès du Seigneur, des pouvoirs publics, des partenaires et de toutes les bonnes volontés, pour leur bonne réalisation, c’est-à-dire leur traduction dans les faits.
Ensemble implorons le Maître de l’univers en vue de nous permettre de vivre le jour où toutes nos mines seront complètement vidées des enfants travailleurs !
Ensemble, espérons voir très prochainement le jour où nos foyers et nos entreprises à travers le pays seront irrévocablement extirpés des enfants domestiques !
Ensemble, rêvons de témoigner hâtivement le jour où nos champs seront définitivement débarrassés des enfants cultivateurs !
Ensemble, aspirons à vivre bientôt le jour où nos rues et nos carrefours seront totalement désemplis des enfants marchands et mendiants !
Enfin,  ensemble, souhaitons vivre ardemment par la grâce du Tout Puissant, le jour où tous nos enfants connaîtront le chemin de l’école en lieu et place des mines, des champs, des foyers, des rues et des grands carrefours !
Puisse le Seigneur, dans Sa Miséricorde et Sa Prépondérance, sauver les enfants sans-abris et négligés à travers le monde en général et en Guinée en particulier.
Professeur Koutoubou Moustapha SANO
PhD in Laws

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