La Pharmacie centrale de Guinée (PCG-SA) est au cœur d’une importante affaire judiciaire. Son directeur général, Labilé Sagno, et neuf de ses principaux collaborateurs ont été placés sous mandat de dépôt par le parquet spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Cette décision intervient à la suite d’investigations portant sur de présumées irrégularités financières et des dysfonctionnements dans la gestion de cette société publique.
Les faits examinés par les enquêteurs sont particulièrement préoccupants. Ils concernent notamment des marchés publics attribués de gré à gré dans des conditions suspectes, d’importants stocks de médicaments périmés ou détériorés et une perte nette estimée à 100,68 milliards de francs guinéens en 2025, alors que l’entreprise avait enregistré un bénéfice de 2,8 milliards GNF en 2024.
Le dossier concerne également les conditions de conservation et de traçabilité des produits pharmaceutiques. Un inventaire effectué entre février et mars 2026 par l’Agence nationale de lutte contre la corruption et de promotion de la bonne gouvernance (ANLC-PBG) aurait révélé des stocks périmés ou détériorés évalués à 85,67 milliards GNF au prix de vente. Les enquêteurs s’intéressent aussi aux conditions d’attribution de plusieurs marchés conclus entre 2021 et 2022, ainsi qu’à un marché de rénovation et de construction d’un entrepôt à Boké, estimé à près de 8,9 milliards GNF.
Cette procédure est distincte de celle visant Lansana Diawara, ancien directeur général du Fonds de développement social et de l’indigence (FDSI), placé sous mandat de dépôt à la prison civile de Coyah le 14 octobre dernier dans le cadre d’une autre enquête judiciaire.
À travers cette nouvelle affaire, la CRIEF est appelée à examiner les responsabilités dans la gestion d’une institution stratégique pour l’approvisionnement du pays en médicaments. Il appartiendra désormais à la justice de déterminer les responsabilités individuelles et d’établir la réalité des infractions éventuellement commises.
Les personnes mises en cause bénéficient de la présomption d’innocence jusqu’à ce qu’une décision
Lejour.Info