Le président de l’Assemblée nationale appelle à une gestion rigoureuse des finances publiques (Discours intégral)

À l’ouverture de l’examen du projet de loi de finances rectificative 2026, le samedi 24 octobre, le président de l’Assemblée nationale, Dr Dansa Kourouma, a appelé à renforcer le contrôle de l’exécution budgétaire, à accélérer les décaissements des crédits publics et à privilégier les dépenses ayant un impact concret sur les conditions de vie des Guinéens. Il a notamment insisté sur la transparence, l’efficacité des investissements et la nécessité de rapprocher les ambitions économiques du quotidien des population

Monsieur le Premier ministre, Chef du Gouvernement,
Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement,
Messieurs les Présidents des institutions républicaines,
Mesdames et Messieurs, en vos rangs, grades et qualités respectifs,
Honorables députés,
Au terme de trois journées pleinement consacrées au renforcement de nos capacités sur le processus budgétaire, nous voici réunis, ce samedi 24 octobre 2026, pour la présentation du Projet de Loi de Finances Rectificative, exercice 2026.
Je tiens d’abord à saluer l’engagement et la disponibilité dont vous avez fait preuve tout au long de ces journées de formation. Je mesure les efforts consentis, la fatigue accumulée et les contraintes d’un calendrier aussi dense, qui nous mobilise jusqu’à ce samedi.
Mais lorsque la Nation nous appelle, le devoir commande de répondre présent. Car être député, ce n’est pas seulement occuper un siège dans l’hémicycle : c’est porter une part de la responsabilité collective dans la conduite de l’État, l’orientation de l’action publique et la défense des intérêts de nos concitoyens.
C’est pourquoi je vous invite à voir dans cette séance plénière le prolongement naturel des travaux que nous venons d’accomplir. Ces trois journées ne doivent pas rester une simple séquence d’apprentissage théorique : elles doivent s’éprouver dans la pratique parlementaire.
L’examen du Projet de Loi de Finances Rectificative, avant son adoption, nous en offre précisément l’occasion. Il nous permet de mettre en application les connaissances acquises : interroger avec plus de méthode les prévisions budgétaires, apprécier les arbitrages proposés, examiner les conditions d’exécution des dépenses et mesurer les effets attendus des choix du Gouvernement sur la vie de nos populations.
Car une formation ne révèle toute sa valeur que lorsqu’elle change concrètement la manière d’assumer une responsabilité. Notre responsabilité, aujourd’hui, est de faire en sorte que les compétences renforcées au cours de ces trois journées se traduisent par un examen plus éclairé, plus exigeant et plus constructif du budget de l’État. C’est à cette condition que nous donnerons tout son sens au mandat que la Nation nous a confié.
Honorables députés, Mesdames et Messieurs,
La responsabilité des institutions se mesure moins à l’ampleur des ambitions proclamées qu’à leur capacité à les traduire en transformations concrètes et durables.
Notre pays s’est engagé dans une dynamique de transformation économique et financière, incarnée par le programme « SIMANDOU 2040 ». Ce cadre stratégique de développement à long terme, décliné dans la Loi-Plan 2026– 2040 et la Loi-Programme 2026–2030, vise à valoriser durablement nos potentialités nationales, à accélérer la modernisation de l’économie, à renforcer les infrastructures structurantes et à promouvoir une croissance inclusive, au service de l’amélioration des conditions de vie des populations guinéennes.
Cette ambition est légitime. Elle est nécessaire. Mais elle impose à toutes les institutions de la République une exigence de cohérence entre les objectifs annoncés, les ressources mobilisées et les résultats attendus.
Car, derrière les orientations économiques, les choix budgétaires et les ambitions de développement, il y a d’abord des femmes et des hommes, des visages, des espoirs et des attentes légitimes.
Il y a les femmes mareyeuses de Boulbinet, dont le labeur quotidien nourrit des familles et fait vivre des communautés ; les cultivateurs de Monchon et de Kakossa, qui attendent de la terre qu’ils travaillent les moyens d’améliorer leurs rendements et d’écouler leurs productions ; les éleveurs, qui aspirent à de meilleures conditions pour développer leurs activités ; les femmes de Yokounkoun, qui attendent de l’État des structures sanitaires dignes de ce nom ; les jeunes, qui attendent une formation adaptée, des possibilités d’emploi et des raisons de croire en leur avenir ; et les citoyens, qui attendent des pouvoirs publics des réponses concrètes à leurs préoccupations quotidiennes.
C’est à l’aune de ces réalités humaines que doivent se mesurer la pertinence de nos choix budgétaires, l’efficacité de nos politiques publiques et la portée réelle de nos ambitions de développement. Car le développement ne prend tout son sens que lorsqu’il améliore effectivement les conditions de vie des populations et offre à chaque Guinéenne et à chaque Guinéen des perspectives d’avenir, de dignité et de prospérité.
Mesdames et Messieurs,
Il convient de rappeler avec force que le budget de l’État ne saurait se réduire à un simple document comptable. Il constitue la traduction financière de la vision nationale, matérialise les priorités collectives et représente l’un des principaux leviers de transformation des ambitions de développement en réalisations concrètes.
À travers lui, l’État opère des arbitrages, hiérarchise les besoins, répartit les ressources disponibles et détermine les moyens à consacrer aux priorités de la Nation, en tenant compte de ses capacités financières et des exigences de l’intérêt général.
La loi de finances rectificative s’inscrit précisément dans cette logique d’adaptation. Elle permet de réexaminer les prévisions initiales à la lumière de l’évolution de la conjoncture économique, des recettes effectivement mobilisables, des dépenses à couvrir et des priorités qui appellent, en cours d’exercice, des ajustements.
Rectifier un budget ne signifie donc pas nécessairement remettre en cause la vision initiale. Il s’agit plutôt de confronter cette vision aux réalités de l’exécution, de corriger les écarts éventuels et de rechercher une meilleure adéquation entre les moyens disponibles et les objectifs poursuivis.
Toutefois, cette faculté d’ajustement doit s’exercer dans un cadre de responsabilité. Une modification budgétaire ne saurait être considérée comme un simple exercice technique. Elle engage la crédibilité de la programmation financière de l’État, la qualité de la dépense publique et, surtout, la confiance que les citoyens placent dans les institutions.
C’est pourquoi l’examen du présent projet doit nous conduire à nous poser plusieurs questions essentielles : les nouvelles prévisions sont-elles suffisamment réalistes ? Les ressources attendues sont-elles compatibles avec les capacités de mobilisation de l’État ? Les dépenses proposées répondent-elles à des besoins clairement établis ? Les ajustements envisagés sont-ils de nature à améliorer l’efficacité de l’action publique et à préserver les équilibres nécessaires à la stabilité économique et financière de notre pays ?
Ces interrogations ne procèdent nullement pas d’une défiance à l’égard de l’action gouvernementale. Elles traduisent, au contraire, notre attachement à une gestion publique rigoureuse, transparente et orientée vers les résultats.
L’enjeu est donc de concilier l’ambition de transformation de notre pays avec le réalisme des ressources disponibles, la nécessité de financer les priorités nationales avec l’impératif de préserver les équilibres financiers, et la volonté d’accélérer le développement avec le devoir de protéger les générations futures contre le poids de décisions insuffisamment maîtrisées.
Cette responsabilité est d’autant plus importante que notre pays entend valoriser davantage ses potentialités économiques et engager une transformation structurelle durable. De telles ambitions exigent des investissements pertinents, une programmation cohérente, des arbitrages lucides et une capacité permanente à mesurer les effets réels des décisions prises.
À cet égard, il me paraît nécessaire d’interpeller l’attention du Gouvernement sur une préoccupation majeure de la gestion des finances publiques : la faiblesse des taux de décaissement dans l’exécution des programmes et projets financés par le budget de l’État.
En effet, l’inscription des crédits dans la loi de finances ne suffit pas à garantir l’atteinte des objectifs de développement. Encore faut-il que les ressources soient effectivement mobilisées et mises à disposition dans les délais requis.
Il me paraît particulièrement préoccupant que des ressources budgétaires destinées à répondre à des besoins prioritaires tardent parfois à produire les effets attendus, en raison de lenteurs administratives ou d’insuffisances dans la préparation et le suivi des projets. De tels retards ne se limitent pas à une sousutilisation des crédits : ils retardent la réalisation des infrastructures, l’amélioration des services publics, la création d’emplois et, surtout, la

Au terme de trois journées pleinement consacrées au renforcement de nos capacités sur le processus budgétaire, nous voici réunis, ce samedi 24 octobre 2026, pour la présentation du Projet de Loi de Finances Rectificative, exercice 2026.

Je tiens d’abord à saluer l’engagement et la disponibilité dont vous avez fait preuve tout au long de ces journées de formation. Je mesure les efforts consentis, la fatigue accumulée et les contraintes d’un calendrier aussi dense, qui nous mobilise jusqu’à ce samedi.

Mais lorsque la Nation nous appelle, le devoir commande de répondre présent. Car être député, ce n’est pas seulement occuper un siège dans l’hémicycle : c’est porter une part de la responsabilité collective dans la conduite de l’État, l’orientation de l’action publique et la défense des intérêts de nos concitoyens.

C’est pourquoi je vous invite à voir dans cette séance plénière le prolongement naturel des travaux que nous venons d’accomplir. Ces trois journées ne doivent pas rester une simple séquence d’apprentissage théorique : elles doivent s’éprouver dans la pratique parlementaire.

L’examen du Projet de Loi de Finances Rectificative, avant son adoption, nous en offre précisément l’occasion. Il nous permet de mettre en application les connaissances acquises : interroger avec plus de méthode les prévisions budgétaires, apprécier les arbitrages proposés, examiner les conditions d’exécution des dépenses et mesurer les effets attendus des choix du Gouvernement sur la vie de nos populations.

Car une formation ne révèle toute sa valeur que lorsqu’elle change concrètement la manière d’assumer une responsabilité. Notre responsabilité, aujourd’hui, est de faire en sorte que les compétences renforcées au cours de ces trois journées se traduisent par un examen plus éclairé, plus exigeant et plus constructif du budget de l’État. C’est à cette condition que nous donnerons tout son sens au mandat que la Nation nous a confié.

Honorables députés, Mesdames et Messieurs,

La responsabilité des institutions se mesure moins à l’ampleur des ambitions proclamées qu’à leur capacité à les traduire en transformations concrètes et durables.

Notre pays s’est engagé dans une dynamique de transformation économique et financière, incarnée par le programme « SIMANDOU 2040 ». Ce cadre stratégique de développement à long terme, décliné dans la Loi-Plan 2026– 2040 et la Loi-Programme 2026–2030, vise à valoriser durablement nos potentialités nationales, à accélérer la modernisation de l’économie, à renforcer les infrastructures structurantes et à promouvoir une croissance inclusive, au service de l’amélioration des conditions de vie des populations guinéennes.

Cette ambition est légitime. Elle est nécessaire. Mais elle impose à toutes les institutions de la République une exigence de cohérence entre les objectifs annoncés, les ressources mobilisées et les résultats attendus.

Car, derrière les orientations économiques, les choix budgétaires et les ambitions de développement, il y a d’abord des femmes et des hommes, des visages, des espoirs et des attentes légitimes.

Il y a les femmes mareyeuses de Boulbinet, dont le labeur quotidien nourrit des familles et fait vivre des communautés ; les cultivateurs de Monchon et de Kakossa, qui attendent de la terre qu’ils travaillent les moyens d’améliorer leurs rendements et d’écouler leurs productions ; les éleveurs, qui aspirent à de meilleures conditions pour développer leurs activités ; les femmes de Yokounkoun, qui attendent de l’État des structures sanitaires dignes de ce nom ; les jeunes, qui attendent une formation adaptée, des possibilités d’emploi et des raisons de croire en leur avenir ; et les citoyens, qui attendent des pouvoirs publics des réponses concrètes à leurs préoccupations quotidiennes.

C’est à l’aune de ces réalités humaines que doivent se mesurer la pertinence de nos choix budgétaires, l’efficacité de nos politiques publiques et la portée réelle de nos ambitions de développement. Car le développement ne prend tout son sens que lorsqu’il améliore effectivement les conditions de vie des populations et offre à chaque Guinéenne et à chaque Guinéen des perspectives d’avenir, de dignité et de prospérité.

Mesdames et Messieurs,

Il convient de rappeler avec force que le budget de l’État ne saurait se réduire à un simple document comptable. Il constitue la traduction financière de la vision nationale, matérialise les priorités collectives et représente l’un des principaux leviers de transformation des ambitions de développement en réalisations concrètes.

À travers lui, l’État opère des arbitrages, hiérarchise les besoins, répartit les ressources disponibles et détermine les moyens à consacrer aux priorités de la Nation, en tenant compte de ses capacités financières et des exigences de l’intérêt général.

La loi de finances rectificative s’inscrit précisément dans cette logique d’adaptation. Elle permet de réexaminer les prévisions initiales à la lumière de l’évolution de la conjoncture économique, des recettes effectivement mobilisables, des dépenses à couvrir et des priorités qui appellent, en cours d’exercice, des ajustements.

Rectifier un budget ne signifie donc pas nécessairement remettre en cause la vision initiale. Il s’agit plutôt de confronter cette vision aux réalités de l’exécution, de corriger les écarts éventuels et de rechercher une meilleure adéquation entre les moyens disponibles et les objectifs poursuivis.

Toutefois, cette faculté d’ajustement doit s’exercer dans un cadre de responsabilité. Une modification budgétaire ne saurait être considérée comme un simple exercice technique. Elle engage la crédibilité de la programmation financière de l’État, la qualité de la dépense publique et, surtout, la confiance que les citoyens placent dans les institutions.

C’est pourquoi l’examen du présent projet doit nous conduire à nous poser plusieurs questions essentielles : les nouvelles prévisions sont-elles suffisamment réalistes ? Les ressources attendues sont-elles compatibles avec les capacités de mobilisation de l’État ? Les dépenses proposées répondent-elles à des besoins clairement établis ? Les ajustements envisagés sont-ils de nature à améliorer l’efficacité de l’action publique et à préserver les équilibres nécessaires à la stabilité économique et financière de notre pays ?

Ces interrogations ne procèdent nullement pas d’une défiance à l’égard de l’action gouvernementale. Elles traduisent, au contraire, notre attachement à une gestion publique rigoureuse, transparente et orientée vers les résultats.

L’enjeu est donc de concilier l’ambition de transformation de notre pays avec le réalisme des ressources disponibles, la nécessité de financer les priorités nationales avec l’impératif de préserver les équilibres financiers, et la volonté d’accélérer le développement avec le devoir de protéger les générations futures contre le poids de décisions insuffisamment maîtrisées.

Cette responsabilité est d’autant plus importante que notre pays entend valoriser davantage ses potentialités économiques et engager une transformation structurelle durable. De telles ambitions exigent des investissements pertinents, une programmation cohérente, des arbitrages lucides et une capacité permanente à mesurer les effets réels des décisions prises.

À cet égard, il me paraît nécessaire d’interpeller l’attention du Gouvernement sur une préoccupation majeure de la gestion des finances publiques : la faiblesse des taux de décaissement dans l’exécution des programmes et projets financés par le budget de l’État.

En effet, l’inscription des crédits dans la loi de finances ne suffit pas à garantir l’atteinte des objectifs de développement. Encore faut-il que les ressources soient effectivement mobilisées et mises à disposition dans les délais requis.

Il me paraît particulièrement préoccupant que des ressources budgétaires destinées à répondre à des besoins prioritaires tardent parfois à produire les effets attendus, en raison de lenteurs administratives ou d’insuffisances dans la préparation et le suivi des projets. De tels retards ne se limitent pas à une sousutilisation des crédits : ils retardent la réalisation des infrastructures, l’amélioration des services publics, la création d’emplois et, surtout, la satisfaction des attentes légitimes des populations.

Nous exhortons, en conséquence, les départements ministériels, les services financiers et l’ensemble des acteurs de la chaîne de la dépense publique à faire preuve de rigueur, d’anticipation et de diligence afin de lever les obstacles au décaissement des crédits. Car, au-delà des autorisations budgétaires, c’est la réalisation effective des projets et la satisfaction des attentes de nos populations qui doivent demeurer notre priorité.

C’est à cette condition que les autorisations votées, les financements mobilisés et les ambitions affichées pourront se traduire en réalisations mesurables et en progrès tangibles pour notre pays.

Monsieur le Premier Ministre, Mesdames et Messieurs les membres du

Gouvernement,

Permettez-moi, à ce stade de mon propos, d’insister sur une autre préoccupation de la représentation nationale, il s’agit de la nécessité d’apprécier la performance économique de notre pays à l’aune des réalités quotidiennes vécues par nos concitoyens.

Au-delà des indicateurs macroéconomiques, aussi indispensables soient-ils, nous devons accorder une attention particulière au panier de la ménagère, au pouvoir d’achat des familles et à leur capacité à satisfaire leurs besoins essentiels.

La croissance économique, la maîtrise de l’inflation, l’évolution des recettes publiques, le niveau des investissements et la stabilité des équilibres financiers sont des indicateurs indispensables à l’appréciation de la santé économique d’un pays. Nous devons les suivre avec rigueur et en mesurer les évolutions.

Mais leur portée sociale doit également être appréciée à travers une question simple, directe et profondément humaine : qu’est-ce qui change concrètement dans la vie des citoyens ?

Le prix du riz, de l’huile, du sucre et des autres produits de première nécessité ; le coût du transport ; l’accès aux soins de santé ; les dépenses liées à la scolarité ; la capacité des familles à se loger dignement et à satisfaire leurs besoins essentiels : voilà autant de réalités qui donnent une mesure concrète de l’effet des politiques publiques sur les ménages.

Un pays peut enregistrer des progrès dans ses agrégats économiques sans que ces progrès soient immédiatement ressentis dans les foyers. De même, une amélioration des recettes publiques ou des équilibres budgétaires ne suffit pas, à elle seule, à démontrer que les conditions de vie des populations se sont améliorées.

C’est pourquoi la performance économique doit aussi être appréciée à l’épreuve du quotidien. Cette approche ne vise nullement à opposer les indicateurs macroéconomiques aux réalités sociales. Elle rappelle plutôt que la stabilité financière et la performance économique trouvent leur pleine justification lorsqu’elles contribuent au bien-être collectif.

Nous invitons donc les départements ministériels à privilégier les dépenses dont l’utilité économique et sociale est clairement établie, à renforcer la sélectivité de leurs interventions et à accorder une attention particulière aux politiques susceptibles d’avoir un effet concret sur les conditions de vie des populations.

Mesdames et Messieurs,

C’est précisément au regard de ces exigences que la mission de l’Assemblée nationale prend tout son sens.

La Constitution confie au Parlement trois missions fondamentales : légiférer, contrôler l’action gouvernementale et évaluer les politiques publiques. Ces prérogatives complémentaires visent à garantir une gestion rigoureuse des ressources publiques et des résultats conformes aux attentes de la Nation, en cohérence avec la vision de transformation et de développement portée par Monsieur le Président de la République, Chef de l’État, Chef suprême des Armées, le Général Mamadi Doumbouya.

Voter le budget ne suffit donc pas : il appartient à la Représentation nationale de veiller à son exécution effective et d’en apprécier les résultats. Cet exercice repose sur une vigilance constructive, fondée sur des faits vérifiables, le respect des compétences constitutionnelles et la défense constante de l’intérêt général. À cet effet, nous devons promouvoir une culture budgétaire fondée sur des objectifs clairs, des responsabilités définies et des résultats mesurables. Le budget-programme doit devenir un véritable instrument de pilotage et d’évaluation de la performance, et non une simple mécanique de consommation des crédits.

L’examen du Projet de Loi de Finances Rectificative pour l’exercice 2026 doit être un moment privilégié de dialogue institutionnel entre le Gouvernement et la Représentation nationale, fondé sur la rigueur, la transparence et la responsabilité. Il nous appartient d’examiner avec discernement les motifs des ajustements proposés, les hypothèses qui les sous-tendent, leurs incidences économiques et sociales, ainsi que leur cohérence avec les priorités de développement du pays.

J’exhorte les membres du Gouvernement à apporter aux préoccupations des députés des réponses précises, étayées et transparentes. La Représentation nationale doit disposer de toutes les informations nécessaires à l’exercice éclairé de ses prérogatives. La transparence n’affaiblit pas l’action publique : elle consolide sa crédibilité, renforce la confiance entre les institutions et favorise la compréhension des choix opérés au nom de la Nation.

J’exhorte également mes collègues députés à faire de cette séance un moment d’analyse approfondie, de discernement et de propositions utiles. Notre responsabilité est de dépasser les appréciations générales pour interroger la cohérence des choix, la pertinence des priorités, la soutenabilité des engagements et les effets attendus sur les conditions de vie des citoyens.

Honorables députés,

En abordant l’examen de ce Projet de Loi de Finances Rectificative, gardons à l’esprit que nous ne débattons pas uniquement de chiffres, de recettes, de dépenses ou d’équilibres comptables. Nous débattons des choix qui engagent notre avenir commun.

Une question doit guider notre action : comment faire en sorte que chaque franc guinéen mobilisé produise des résultats concrets au bénéfice de la Nation ? La réponse réside dans notre capacité à dépasser la seule logique des moyens pour privilégier celle des résultats, et à apprécier la performance publique non seulement à travers les indicateurs économiques ou le taux d’exécution des crédits, mais surtout à l’aune des transformations réalisées et de l’amélioration effective des conditions de vie de nos populations.

Derrière chaque ligne budgétaire se trouve une décision publique. Derrière chaque décision se trouve une priorité. Et derrière chaque priorité doit se trouver une finalité clairement assumée : servir la Nation et améliorer durablement la vie de ses citoyens.

Que notre examen soit donc guidé par la rigueur de l’analyse, la qualité du débat, la transparence des informations et le souci constant de l’intérêt général.

Que le Gouvernement trouve dans les observations de la représentation nationale une contribution utile à l’amélioration de l’action publique.

Que les députés exercent pleinement leurs responsabilités, avec discernement, exigence et sens de l’État.

Et que nos décisions budgétaires soient toujours appréciées à l’aune de leur capacité à rapprocher les ambitions nationales des réalités vécues par nos concitoyens.

C’est à cette exigence que nous devons répondre. C’est cette responsabilité que nous devons assumer. Et c’est à cette ambition collective que la 10è législature entend apporter toute sa contribution, dans le respect de la Constitution, des lois de la République et des intérêts supérieurs de la Nation.

Que Dieu bénisse la Guinée !

Je vous remercie.