Algassimou Diallo révoqué de la magistrature, une affaire qui secoue l’appareil judiciaire

Le Conseil supérieur de la Magistrature (CSM) a prononcé, jeudi 20 août 2026, la révocation définitive d’Algassimou Diallo du corps des magistrats guinéens. Cette décision intervient après la suspension, quelques jours plus tôt, de l’ancien avocat général près la Cour suprême, pour des faits qualifiés de « manquement à ses obligations statutaires ».

La procédure disciplinaire avait été engagée après un arrêté du ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Ibrahima Sory II Tounkara, suspendant le magistrat et saisissant le Conseil supérieur de la Magistrature. Dans la foulée, une interdiction de sortie du territoire national lui avait également été notifiée par les autorités judiciaires.

Selon les informations communiquées par les autorités, le CSM, réuni en formation disciplinaire à huis clos, a estimé que les faits reprochés étaient établis et constituaient des manquements graves aux devoirs liés à la fonction de magistrat, notamment aux exigences d’honneur, de dignité et de délicatesse attachées à cette profession. La décision s’appuie notamment sur les articles 20, 35 et 36 de la loi organique portant statut des magistrats.

Le dossier aurait, selon des sources médiatiques, un volet politique sensible. Les autorités évoquent notamment des échanges attribués au magistrat avec l’opposant en exil Cellou Dalein Diallo, considérés comme des manœuvres incompatibles avec les obligations de neutralité d’un magistrat. Ces accusations n’ont toutefois pas fait l’objet, à ce stade, d’une réaction publique détaillée de la part d’Algassimou Diallo.

Figure connue de la justice guinéenne, Algassimou Diallo s’était particulièrement illustré comme procureur près le tribunal de première instance de Dixinn lors du procès du massacre du 28 septembre 2009, avant d’occuper plusieurs hautes fonctions judiciaires, dont celles de procureur général près la Cour d’appel de Kankan puis d’avocat général près la Cour suprême.

Cette révocation marque un tournant majeur dans la carrière de ce magistrat et relance le débat sur l’indépendance de la justice, le devoir de réserve des magistrats et les rapports entre pouvoir judiciaire et enjeux politiques en Guinée.

 

Lejour.info