Siguiri : après le préfet, les 20 sous-préfets révoqués et remplacés

La vague de sanctions administratives se poursuit dans la préfecture de Siguiri. Quelques jours après la suspension du préfet et de plusieurs hauts responsables de l’administration préfectorale, le ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD), le général à la retraite Ibrahima Kalil Condé, a frappé un nouveau grand coup.

Dans une décision rendue publique ce week-end, le ministre a procédé à la révocation des vingt sous-préfets de la préfecture de Siguiri. Dans le même acte, de nouveaux responsables ont été désignés pour assurer la gestion des différentes sous-préfectures de cette importante circonscription administrative de la région de Kankan.

Cette mesure intervient dans un contexte marqué par le durcissement du contrôle de l’État sur l’administration territoriale. Elle fait suite à la suspension du préfet de Siguiri, le colonel Seny Sylver Camara, ainsi que du secrétaire général de la préfecture, du chef de cabinet et d’autres responsables administratifs, décidée par le MATD.

Même si les autorités n’ont pas encore détaillé publiquement l’ensemble des griefs ayant motivé ces sanctions, plusieurs observateurs y voient une volonté du gouvernement de renforcer la discipline administrative, d’améliorer la gouvernance locale et de veiller au respect strict des textes régissant le fonctionnement des collectivités territoriales.

La révocation simultanée des vingt sous-préfets constitue une mesure exceptionnelle qui témoigne de l’ampleur des dysfonctionnements présumés relevés dans l’administration préfectorale de Siguiri. Elle traduit également la détermination des autorités de la transition à engager la responsabilité des gestionnaires publics lorsque des manquements sont constatés.

Les nouveaux sous-préfets nommés auront désormais la lourde responsabilité de rétablir la confiance entre l’administration et les populations, tout en assurant la continuité des services publics dans leurs localités respectives.

Cette série de sanctions à Siguiri est l’une des plus importantes opérations de réorganisation administrative enregistrées ces dernières années dans une préfecture guinéenne. Elle pourrait servir de signal fort à l’ensemble des administrateurs territoriaux du pays quant aux exigences de rigueur, de transparence et de redevabilité désormais prônées par les autorités.

Les regards restent désormais tournés vers les prochaines décisions que pourraient prendre les autorités concernant les enquêtes administratives en cours et les éventuelles suites disciplinaires ou judiciaires qui pourraient en découler.

Fodé Keita