CRIEF : ouverture du procès de Mandian Sidibé dans l’affaire des 78 milliards de francs guinéens de l’OGP

L’ancien directeur général de l’Office Guinéen de Publicité (OGP), Mandian Sidibé, comparaît ce mercredi 10 juin 2026 devant la chambre de jugement de la Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières (CRIEF). Cette audience marque l’ouverture des débats au fond dans un dossier emblématique de la lutte contre la corruption et les détournements présumés de fonds publics en Guinée.

Mandian Sidibé est poursuivi aux côtés de son ancien directeur administratif et financier, Aboubacar Sidiki Konaté, ainsi que de Pépé Haba. Les trois prévenus sont accusés de détournement de deniers publics, abus de fonction, corruption, atteinte à la liberté d’accès et à l’égalité des candidats dans les marchés publics, usage illicite de biens publics par l’octroi d’avantages injustifiés, concussion et complicité.

L’affaire trouve son origine dans des investigations portant sur la gestion de l’OGP entre 2022 et 2024. Selon les accusations portées par le parquet spécial près la CRIEF, près de 78 milliards de francs guinéens auraient fait l’objet de malversations présumées au sein de l’établissement public chargé notamment de la gestion des recettes publicitaires de l’État. Des audits et enquêtes complémentaires avaient été ordonnés afin de vérifier les conditions de recouvrement et d’utilisation des fonds ainsi que la régularité de certains marchés publics conclus durant cette période.

Pour rappel, Mandian Sidibé et Aboubacar Sidiki Konaté avaient été placés sous mandat de dépôt le 31 décembre 2024 avant d’être incarcérés à la Maison centrale de Conakry. Depuis lors, plusieurs audiences ont été consacrées à l’instruction du dossier et à l’examen des recours introduits par la défense, notamment contre la prolongation de leur détention provisoire.

L’ouverture du procès intervient après un premier renvoi prononcé le 3 juin dernier en raison de la mobilisation de magistrats dans le cadre de la centralisation des résultats des élections législatives et communales du 31 mai 2026. L’audience de ce mercredi est donc particulièrement attendue, aussi bien par les parties civiles que par la défense, dans une affaire devenue l’un des dossiers les plus médiatisés de la CRIEF.

Au cours des débats, le ministère public devra présenter les éléments à charge réunis au terme de l’instruction, tandis que les avocats des prévenus tenteront de démontrer l’absence de responsabilité pénale de leurs clients ou de contester les montants et qualifications retenus par l’accusation. L’issue de ce procès pourrait constituer un nouveau jalon dans la politique de reddition des comptes engagée par les autorités guinéennes depuis plusieurs années.

 

Aminata Diallo/Lejour.Info