À l’approche de l’Aïd el-Fitr, l’ambiance habituelle de fête laisse place à l’inquiétude dans la ville de Kindia. À moins de deux jours de cette célébration majeure pour les fidèles musulmans, les marchés locaux font face à une situation inhabituelle : la viande devient difficile à trouver, tandis que les prix connaissent une hausse vertigineuse.
Pour les professionnels du secteur, cette situation est le résultat d’un enchaînement de difficultés. Mamadou Djouma Barry, vice-président de la boucherie de Kindia, évoque une crise profonde liée à la disponibilité du bétail.
« Nous traversons une véritable pénurie. L’année dernière, de nombreux animaux ont été décimés par la pneumonie, ce qui a considérablement réduit le cheptel. À cela s’ajoute le départ de nombreux animaux vers la Sierra Leone. Aujourd’hui, la demande est forte, mais l’offre ne suit pas. Même à 60 000 francs le kilo, il est difficile de satisfaire tous les clients », explique-t-il.
Dans le secteur de la volaille, les commerçantes font également face à des contraintes importantes. Au-delà du coût d’approvisionnement, c’est désormais le manque de liquidités chez les clients qui freine les ventes.
« À chaque fête, j’achète de la viande. Mais cette fois-ci, j’ai opté pour le poulet, même si c’est cher. Je n’avais pas vraiment le choix », témoigne Hadjiratou Diallo, rencontrée dans un marché de la ville.
Entre la raréfaction des produits, la flambée des prix et les difficultés d’accès à l’argent liquide, les préparatifs de l’Aïd el-Fitr à Kindia se déroulent dans un climat particulièrement tendu. Une réalité qui contraste fortement avec l’esprit de convivialité et de générosité qui caractérise habituellement cette période festive.
Amadou Sylla/Lejour.Info
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