Six mois après avoir été enlevé et sévèrement maltraité par des hommes armés en uniforme, Abdoul Sacko, Coordinateur National du Forum des Forces Sociales de Guinée (FFSG), s’est exprimé dans un long courrier. Dans son message, il remercie toutes les personnes et institutions qui l’ont soutenu durant cette épreuve, tout en réaffirmant son engagement citoyen pour la démocratie, la justice et la solidarité envers les victimes d’injustices et de drames en Guinée.
Chers compatriotes : Avocats, médias, collaborateurs et Organisations de défense des droits de l’homme, médecins, Hommes politiques, ordres socio-professionnels à travers leBarreau, ami(e) s, religieux et anonymes.
Chers partenaires : Institutions et ONG internationales, médias, Diplomates, humanitaires et ami(e)s.
À toutes et à tous, la main sur le cœur, mes sincères remerciements, en mon nom et au nom de ma famille.
Merci pour votre mobilisation exemplaire, marquée par la diligence, la précision, l’audace et la constance, face à l’attaque brutale dont nous avons été victimes, ma famille, mes voisins et moi, dans la nuit du 19 février 2025, par des Hommes en treillis lourdement armés à bord d’une dizaine de véhicules non immatriculés.
Mes opinions et aspirations légitimes pour les droits et libertés, sont les seules raisons de ces violences, avec rage et mépris par nos ravisseurs, qui ont causé des séquelles physiques et psychologiques profondes. Pour ma famille, le seul « tort », comme tant d’autres en larmes et dans l’angoisse, est d’avoir un fils, un époux, un père, un frère, qui croit en une Guinée de vérité, de justice et de prospérité partagées par la force de la loi.
Heureusement, votre solidarité, exprimée dès les premières heures de cette épreuve, a été et demeure par la grâce de Dieu, un puissant remède. Grâce à elle (cette solidarité), ma vie a été sauvée, ma santé se rétablit progressivement, et mon intégrité physique et morale se reconstituent avec espoir.
En conséquence, malgré l’absence d’enquête officielle à ce jour par les services judiciaires et sécuritaires de l’État pour faire la lumière sur ce crime à porter de main, cette solidarité me permet de reprendre progressivement et maintenant, avec plus de vigueur et de résilience, mon engagement citoyen. Un engagement que je porte depuis ma plus tendre enfance, au service de la patrie, de la démocratie, et donc de l’humanité.
Dans cette continuité d’engagement citoyen et en ayant les séquelles de l’injustice, je ne saurai rester sans exprimer ma solidarité et ma compassion envers tous nos compatriotes victimes de disparitions forcées, de kidnappings, d’exils forcés, d’emprisonnements arbitraires ou de menaces pour leurs opinions.
Je pense également à toutes celles et tous ceux qui sont touchés ou menacés par des catastrophes (inondations, éboulements, …) à travers le pays, dont le tragique drame de Manéah. Nous saluons les efforts de solidarité encours et prions pour le repos des innocentes âmes arrachées, le rétablissement des blessés et la résilience pour les pertes matérielles et autres subies.
Nous n’oublions pas les autres victimes d’une gouvernance défaillante dépourvue du sens du devoir et de responsabilité, dont celles du drame de l’incendie inédit du dépôt des Hydrocarbures de Kaloum et des bousculades meurtrières au Stade de N’zérékoré, pour lesquelles jamais le peuple n’a eu droit à un rapport d’enquêtes par les services Etatiques.
et au détriment de son bénéficiaire de façon inattendue et irréparable.
Chers compatriotes, chers partenaires, face à cette triste réalité, l’objectivité et la sagesse nous obligent à rester mobilisés, avec plus de détermination, pour rompre ce cycle insupportable de larmes, de haine, d’humiliation, de vengeance, de division et de soumission qui nourrit les logiques destructrices de dynamiques d’intérêts occultes et égoïstes.
Restons résolument convaincus, que les principes et valeurs démocratiques, ne sont ni antagonistes et moyens étrangers à notre histoire. Au contraire, ils tirent leurs origines de cette histoire et en général de la lutte des peuples opprimés pour les droits civiques et politiques. Notre mode d’accession à l’Indépendance Nationale est une illustration.
Enfin retenons une fois pour tous, que contrairement à ceux qui nous enseignent le fatalisme, la mendicité intellectuelle, la captivité (politique, sociale, administrative, institutionnelle, financière) et la résignation, il est tout à fait possible de reconstruire la Guinée rêvée du 28 septembre et du 02 octobre 1958. Cette Guinée des libertés de penser, de s’exprimer et d’agir dans la dignité, avec des coopérations internationales solides, sans préjudice à nos valeurs culturelles/cultuelles, aux lois de la République et à son développement continu.
Mettons-nous à l’œuvre et maintenant !
Abdoul Sacko
Coordinateur National du Forum des Forces Sociales de Guinée (FFSG)
Membre du Mouvement Mondial pour la Démocratie.