En Guinée, le magistrat Algassimou Diallo a été révoqué via une décision prise jeudi 20 août par le Conseil supérieur de la magistrature. Il s’est rendu célèbre pour son rôle de procureur dans le procès du massacre du 28 septembre 2009, avant de devenir avocat général près la Cour suprême. Le Conseil supérieur de la magistrature lui reproche des « manquements graves » et la télévision nationale évoque des échanges téléphoniques avec l’opposant en exil Cellou Dalein Diallo.
Ce qu’il faut désormais appeler « l’affaire Algassimou Diallo » a commencé mardi, quand le ministre de la Justice, Ibrahima Sory II Tounkara, a suspendu le magistrat et saisi le Conseil supérieur de la magistrature pour se prononcer sur son sort.
Le Conseil s’est réuni ce jeudi 20 août. Le magistrat Algassimou Diallo est radié pour « manquements graves aux devoirs de son état, à l’honneur, à la délicatesse et à la dignité de la profession de magistrat ». Jeudi soir, à la télévision nationale, le ministre de la Justice n’en a pas dit plus, il a évoqué des faits « pas trop catholiques ».
Conversation avec un opposant en exil
Le présentateur a évoqué une conversation téléphonique entre le magistrat et l’opposant en exil Cellou Dalein Diallo. Une discussion qui, toujours selon la télévision nationale, porterait sur des « manœuvres visant à déstabiliser la Guinée sur fond de considérations ethniques et politiques ».
C’est « un montage grotesque », répond le porte-parole de l’UFDG, le parti de Cellou Dalein Diallo. Pour l’UFDG, « aucun échange téléphonique n’a eu lieu entre eux ». Cellou Dalein Diallo dément lui aussi avoir eu cette conversation avec le magistrat.
Ce n’est pas la première fois que le parcours d’Algassimou Diallo suscite des interrogations. Après le procès du massacre du 28-Septembre, il avait été nommé procureur général à Kankan, avant d’être rétrogradé au poste de procureur de la République à Nzérékoré fin 2025, une décision qui avait alors surpris. En février 2026, il avait finalement été nommé avocat général près la Cour suprême.
Algassimou Diallo est par ailleurs le deuxième magistrat radié au cours du mois d’août. Trois semaines plus tôt, Kaman Gogana Konomou avait été exclu de la magistrature par décret présidentiel après avoir dénoncé le non-respect des procédures de nomination des magistrats.
Rfi