Procès de Mohamed Diané : la révélation d’un présumé salaire de 900 millions GNF par mois relance les débats à la CRIEF
Le procès de l’ancien ministre de la Défense nationale, Dr Mohamed Diané, a connu un nouveau rebondissement ce jeudi 11 juin 2026 devant la chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF).
Poursuivi pour des faits présumés de détournement de deniers publics, d’enrichissement illicite et de blanchiment de capitaux, l’ancien puissant ministre du régime d’Alpha Condé a vu le parquet spécial produire une nouvelle pièce qui pourrait peser lourd dans l’appréciation de son patrimoine et de ses revenus.
Au cours de l’audience, les représentants du ministère public ont versé aux débats un document présenté comme une preuve attestant que Mohamed Diané bénéficierait de deux matricules administratifs distincts au sein de l’administration publique. Selon le parquet, chacun de ces matricules lui aurait permis de percevoir environ 450 millions de francs guinéens par mois, portant ainsi ses revenus mensuels à près de 900 millions de francs guinéens.
Cette révélation a immédiatement suscité de vives discussions dans la salle d’audience. Les avocats de la défense ont contesté la portée et la valeur probante de cette pièce, tandis que l’accusation y voit un élément susceptible d’éclairer la justice sur l’origine de certaines ressources attribuées à l’ancien ministre.
Depuis l’ouverture de cette procédure judiciaire, la question du patrimoine de Mohamed Diané occupe une place centrale dans les débats. Le parquet tente notamment d’établir un lien entre les revenus officiellement déclarés par l’ancien ministre et l’importance des biens mobiliers et immobiliers qui lui sont attribués. Les enquêteurs s’intéressent également aux mécanismes qui auraient permis, selon l’accusation, la constitution d’une fortune jugée disproportionnée au regard des revenus habituels d’un haut fonctionnaire.
Cette nouvelle pièce intervient dans un contexte judiciaire déjà lourd pour l’ancien ministre. En première instance, Mohamed Diané a été condamné à cinq ans d’emprisonnement, à une amende de cinq milliards de francs guinéens et au paiement de 500 milliards de francs guinéens à titre de dommages et intérêts au profit de l’État guinéen. Une décision qu’il conteste devant la juridiction d’appel.
Pour de nombreux observateurs, l’affaire Mohamed Diané est devenue l’un des dossiers emblématiques de la lutte contre la corruption et la moralisation de la gestion publique engagées par les autorités de la transition. Chaque audience apporte son lot de révélations et contribue à maintenir l’attention de l’opinion publique sur ce procès à fort enjeu politique et judiciaire.
À l’issue de l’audience de ce jeudi, la Cour a décidé de renvoyer l’affaire au 25 juin prochain pour la poursuite des débats. Les prochaines audiences devraient permettre à la défense et au parquet de confronter leurs arguments sur l’authenticité et la portée des nouvelles pièces produites dans ce dossier qui continue de passionner l’opinion nationale.
Fadima Fofana/Lejour.Info