Élections du 31 mai : le FRONDEG dénonce un rejet « ciblé » de ses candidatures et menace de se retirer
La pression monte autour du processus électoral en Guinée à un peu plus d’un mois des législatives et communales prévues le 31 mai 2026. Lors d’une conférence de presse tenue ce samedi 25 avril à Conakry, le Front démocratique de Guinée (FRONDEG) a vivement dénoncé le rejet de ses listes de candidature dans plusieurs circonscriptions qu’il qualifie de « stratégiques », évoquant un processus « biaisé » et n’excluant plus un retrait pur et simple de la compétition.
Arrivé deuxième à l’élection présidentielle du 28 décembre 2025, le parti dirigé par Abdoulaye Yéro Baldé estime être victime d’une mise à l’écart organisée. Selon ses responsables, plusieurs de ses dossiers ont été invalidés dans des zones importantes aussi bien dans la capitale qu’à l’intérieur du pays, notamment à Ratoma, Lambanyi, Matam, Tombolia, mais aussi à Kankan, Siguiri ou encore Boké et Sangarédi. Le FRONDEG affirme que, dans certaines localités, l’ensemble de ses candidatures a été rejeté, réduisant considérablement ses chances de participation effective au scrutin.
Le parti s’appuie notamment sur les dispositions du Code électoral pour contester ces décisions. Il rappelle que tout rejet de candidature doit être motivé et notifié dans un délai précis après le dépôt des dossiers. Or, selon ses dirigeants, ces exigences n’auraient pas été respectées dans plusieurs cas, ce qui constituerait une violation des règles encadrant le processus électoral.
Au-delà des invalidations, le FRONDEG évoque des « irrégularités graves » susceptibles de compromettre la crédibilité du scrutin. Il dénonce un climat global marqué par des dysfonctionnements administratifs et des décisions jugées arbitraires, alimentant la méfiance entre les acteurs politiques et les institutions en charge des élections.
Face à cette situation, la formation politique hausse le ton et agite clairement la menace d’un retrait. Elle conditionne désormais sa participation à une révision des décisions contestées, laissant entendre qu’elle ne prendra pas part à ce qu’elle considère comme une « mascarade électorale » si aucune correction n’est apportée.
Cette sortie intervient dans un contexte déjà tendu, où plusieurs candidatures ont fait l’objet de contentieux. La Cour suprême a récemment été saisie pour trancher certains litiges et a procédé à la réintégration de plusieurs partis initialement écartés. À mesure que l’échéance électorale approche, ces tensions laissent planer le spectre d’un boycott partiel, susceptible d’affecter la crédibilité et l’inclusivité du scrutin du 31 mai.
Fadima Fofana/Lejour.Info