Le ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD) a décidé de suspendre plusieurs hauts responsables de la préfecture de Siguiri, dans la région de Kankan. La mesure, contenue dans la décision D/2026/0401/MATD/SG, concerne notamment le préfet de Siguiri, le colonel Seny Sylver Camara, le secrétaire général de la préfecture, Amara Kaba, le chef de cabinet Mamoudou Kouyaté, ainsi que Fatoumata Binta Sow, directrice préfectorale de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation.
Au moment où cette décision est rendue publique, les autorités n’ont pas encore communiqué officiellement sur les motifs exacts de ces suspensions. Ce silence alimente de nombreuses interrogations dans une préfecture considérée comme l’un des principaux pôles économiques du pays en raison de son importante production aurifère et des enjeux liés à l’exploitation minière.
Cette mesure intervient dans un contexte particulier. Depuis plusieurs mois, Siguiri est au centre des préoccupations gouvernementales en raison de la multiplication des tensions liées à l’orpaillage, aux dégradations environnementales et aux questions de gouvernance locale. En février dernier, une mission gouvernementale conduite par le ministre de l’Administration du Territoire avait annoncé des actions fermes contre l’exploitation minière anarchique après des manifestations de jeunes dénonçant l’utilisation incontrôlée d’engins lourds dans les zones aurifères.
Nommé préfet de Siguiri en décembre 2025, le colonel Seny Sylver Camara avait affiché son ambition d’instaurer une gestion de proximité et de renforcer la transparence administrative. Au cours des derniers mois, il avait multiplié les réunions avec les autorités locales et les responsables des collectivités, dénonçant publiquement certaines pratiques de mauvaise gouvernance et appelant à une meilleure reddition des comptes.
La suspension simultanée du préfet et de plusieurs membres de son équipe apparaît ainsi comme un événement majeur dans l’administration territoriale guinéenne. En attendant d’éventuelles explications du MATD, les observateurs s’interrogent sur les conséquences de cette décision pour la gestion des affaires courantes dans cette préfecture stratégique de la Haute-Guinée. Plusieurs acteurs locaux appellent déjà les autorités à faire preuve de transparence afin de dissiper les spéculations et de préserver la confiance des populations dans les institutions publiques.
Selon les procédures administratives en vigueur, des mesures intérimaires devraient être prises afin d’assurer la continuité du service public dans la préfecture jusqu’à nouvel ordre.
Fadima Fofana/Lejour.Info

