L’Union pour le Progrès et le Renouveau (UPR) traverse une zone de fortes turbulences. Dans une déclaration signée par plusieurs cadres et militants, le parti a officiellement tiré le bilan de sa participation aux élections législatives et communales du 31 mai dernier, qualifiant les résultats de « lamentables » et « humiliants ».
Selon le texte, l’UPR n’a obtenu aucun siège de député à l’Assemblée nationale, une première depuis l’avènement du multipartisme en Guinée. Au niveau local, les résultats sont tout aussi modestes : une seule mairie remportée à Tountouroun (Labé), et quelques conseillers communaux dans des communes de Labé (Tountouroun, Diari), Pita (Bantighel, Sintali, Bourouwal Tappé, Gongoré, Ninguelandé) et Boké (Tanénè).
Des critiques virulentes contre la direction
Les signataires de la Déclaration N°2 n’hésitent pas à pointer du doigt une « gestion incohérente » du Bureau Exécutif National (BEN) et un « amateurisme patent » de certains cadres. Ils accusent une partie de la direction d’avoir ignoré les structures de base du parti et d’avoir privilégié des calculs personnels au détriment des militants historiques.
« Espérant se faire élire députés au détriment des cadres engagés et de ceux et celles qui ont fondé, implanté et animé l’UPR de sa création à nos jours », peut-on lire dans le document. Les auteurs font également référence à la vulnérabilité du Président du parti, affecté par le décès récent de sa fille, qu’ils estiment avoir été exploitée.
Cette sortie fait suite à une première déclaration (N°1) publiée le 1er mai 2026, dans laquelle les mêmes voix dénonçaient déjà des pratiques d’exclusion et de marchandage des postes.
Une défaite historique, mais pas une fin
Malgré la sévérité du constat, les signataires refusent de sombrer dans le défaitisme. Ils qualifient le résultat de « grande défaite » au niveau parlementaire, mais insistent : « ce n’est qu’une bataille perdue ; quant à la guerre, elle devra nécessairement être gagnée. »
Citent Confucius, ils déclarent : « Notre plus grande gloire n’est pas de ne jamais tomber, mais de nous relever chaque fois que nous tombons. »
Le texte rend hommage aux militants de base, aux fédérations et sections qui ont « œuvré à la sauvegarde de l’honneur du parti » sans soutien significatif du BEN. Il appelle à une « remobilisation » générale et à la tenue rapide d’un congrès dans un esprit d’« inclusivité, d’unité, de cohésion, de solidarité et de fraternité ».
Vers une reconstruction de l’UPR ?
Cette déclaration marque une fracture visible au sein de l’UPR. Elle révèle des tensions profondes entre une base militante frustrée et une direction accusée d’avoir perdu le contact avec ses structures locales. Pour de nombreux observateurs, elle sonne comme un cri d’alarme avant un probable congrès de recomposition.
L’UPR, autrefois l’un des partis les plus structurés de l’opposition guinéenne, semble aujourd’hui à la croisée des chemins. Sa capacité à se réorganiser rapidement et à restaurer sa crédibilité déterminera son avenir dans le paysage politique national.
Fatoumata Camara/Lejour.Info
Ci dessous la déclaration