L’affaire a enflammé les réseaux sociaux avant de se transporter devant les juridictions. Moussa Oularé a été condamné et une amende de 10 millions de francs guinéens ce jour à une peine d’un an de prison ferme par le Tribunal de première instance de Dixinn, à la suite de la diffusion d’une vidéo devenue virale dans laquelle il tenait des propos jugés ethnocentriques et offensants.
Tout est parti d’une séquence largement partagée sur Facebook, WhatsApp et TikTok, où l’on voit l’intéressé tenir un discours perçu par de nombreux internautes comme stigmatisant à l’égard d’une communauté. En quelques heures, la vidéo a suscité une vague d’indignation, relançant le débat sur les dérives du discours public et les risques de fracture sociale dans un pays marqué par une forte diversité ethnique.
Face à l’ampleur de la polémique, les autorités ont rapidement réagi. Moussa Oularé a été interpellé par les services de sécurité, puis placé en garde à vue avant d’être présenté devant la justice. Le parquet a retenu contre lui des charges liées notamment à l’incitation à la haine et à la diffusion de propos de nature à troubler l’ordre public.
Lors de son procès, le prévenu a dû répondre de ses déclarations dans un contexte de forte sensibilité autour des questions identitaires en Guinée. Le tribunal, après examen des faits et des éléments à charge, a finalement prononcé une peine d’un an d’emprisonnement, marquant ainsi une volonté de fermeté face aux discours jugés dangereux pour la cohésion nationale.
Cette condamnation intervient dans un climat où les autorités multiplient les mises en garde contre les abus sur les réseaux sociaux. Plusieurs acteurs de la société civile appellent, de leur côté, à davantage de responsabilité dans la prise de parole publique, soulignant que la liberté d’expression ne saurait justifier des propos de nature à diviser.
Au-delà du cas individuel de Moussa Oularé, cette affaire remet en lumière les tensions latentes que peuvent raviver certains discours, et pose une nouvelle fois la question de l’équilibre entre liberté d’expression et préservation de l’unité nationale.
Asmaou Bah/Lejour.Info