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Kemi Séba demande l’asile politique en Afrique du Sud après son arrestation pour séjour illégal

L’influenceur panafricaniste béninois Kémi Séba a officiellement demandé l’asile politique en Afrique du Sud ce lundi. Arrêté il y a une semaine pour « immigration illégale », il a formulé cette requête devant la justice de Pretoria, a annoncé son avocat Sesedi Phooko à l’issue de l’audience.

Kémi Séba, de son vrai nom Stellio Gilles Robert Capo Chichi, âgé de 45 ans, s’était installé en Afrique du Sud il y a environ cinq mois. Son visa avait expiré depuis deux mois. Selon la police sud-africaine, il a été interpellé le 13 avril dans un centre commercial de Pretoria, en compagnie de son fils de 18 ans et d’un Sud-Africain soupçonné de l’avoir aidé à organiser une traversée illégale vers le Zimbabwe, moyennant 250 000 rands (environ 13 000 euros). L’objectif présumé était de rejoindre ensuite l’Europe.

Son avocat conteste fermement les accusations :

« Pour l’instant, nous ne sommes accusés que d’immigration illégale. Nous contestons également cette accusation, car nous avons déjà déposé une demande d’asile politique dans ce pays », a déclaré Me Sesedi Phooko.

Kémi Séba reste en détention provisoire. Une audience sur une éventuelle remise en liberté sous caution est prévue le 29 avril.

Cette arrestation intervient alors que le Bénin a émis un mandat d’arrêt international contre lui. Les autorités de Cotonou l’accusent d’avoir soutenu, par ses déclarations publiques et ses publications sur les réseaux sociaux, la tentative de coup d’État avortée du 7 décembre 2025. Figure controversée du militantisme panafricaniste, fondateur de l’ONG Urgences Panafricanistes, Kémi Séba est connu pour ses positions radicalement anti-occidentales, anti-françaises et son soutien affiché aux régimes militaires du Sahel. Déchu de sa nationalité française, il bénéficie d’un passeport nigérian.

Une procédure d’extradition vers le Bénin est en cours, selon la police sud-africaine. La justice sud-africaine devra désormais trancher entre la demande d’asile politique, la requête d’extradition et les infractions migratoires commises.

Cette affaire met en lumière les tensions entre liberté d’expression, militantisme transnational et coopération judiciaire en Afrique. Elle intervient dans un contexte où Kémi Séba reste une voix polarisante et très suivie sur le continent.

Lejour.info