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Kindia : le litre d’essence atteint 25 000 GNF sur le marché noir

La ville de Kindia est confrontée depuis près de 72 heures à une pénurie d’essence qui perturbe fortement les activités économiques et les transports. Malgré les assurances de la Société nationale des pétroles (SONAP), qui affirme qu’aucune rupture d’approvisionnement n’est à craindre, la plupart des stations-service restent fermées ou ne servent pas les usagers.

Faute de carburant dans les circuits officiels, de nombreux conducteurs se tournent vers le marché parallèle, devenu la principale source d’approvisionnement. Sur ce marché noir, le litre d’essence se négocie entre 15 000 et 25 000 francs guinéens, soit un prix largement supérieur au tarif officiel.

Sur le terrain, les taxi-motards, particulièrement touchés par la situation, dénoncent une crise qui menace directement leurs revenus. À Yéolé, Alhassane Camara, chef de ligne, déplore une situation qu’il juge incompréhensible.

« Nous traversons une période très difficile. Dans les stations-service, on ne nous sert pas, alors que les revendeurs du marché noir sont approvisionnés. Pourtant, nous payons le même prix à la base. Ensuite, ils nous revendent le carburant beaucoup plus cher. Acheter le litre à 25 000 GNF n’est pas supportable. Si cela continue, nous serons obligés d’augmenter le prix du transport », prévient-il.

Même constat à Tafory, où Ibrahima Sory Camara, membre du syndicat des taxi-motos, souligne les conséquences de la crise sur l’ensemble du secteur des transports urbains.

« La situation est très compliquée ces derniers jours. Nous souffrons, tout comme les passagers. Nous sommes obligés d’acheter l’essence à des prix exorbitants », explique-t-il.

Pour de nombreux conducteurs, se procurer du carburant est devenu un véritable parcours du combattant. Taxi-motard, Alseny Diallo affirme avoir passé toute une journée dans une station-service sans être servi.

« C’est extrêmement difficile d’avoir de l’essence. Nous achetons le litre entre 20 000 et 25 000 GNF au marché noir quand on en trouve. Hier, je suis resté à la station de 8 heures à 19 heures sans obtenir une seule goutte. J’ai perdu toute ma journée », témoigne-t-il.

Face à la rareté du carburant et à la flambée des prix, les transporteurs préviennent qu’une augmentation des tarifs des courses pourrait devenir inévitable si la situation perdure, au grand dam des usagers déjà confrontés à la cherté de la vie.

 

Amadou Sylla – Lejour.info

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