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Kindia : à Koliady 2, la fronde de la jeunesse face à l’opacité de l’exploitation sablière

Depuis l’aube du samedi 24 janvier 2026, l’entrée de la carrière de sable de Koliady 2 est paralysée par un mouvement de contestation. Les jeunes du quartier dénoncent une gestion opaque des revenus de la ressource et l’absence totale de retombées sur les infrastructures locales.

Le réveil a été brutal pour l’activité extractive à Kindia. Dès 6 heures ce matin, une barricade humaine a été érigée à l’entrée de la carrière de Koliady 2, l’un des poumons économiques de la commune urbaine. À l’origine de ce blocage : une exigence de transparence. Les manifestants réclament des comptes sur la mannne financière générés par l’exploitation du sable, dont ils s’estiment injustement exclus.

Un sentiment de « malédiction des ressources » à l’échelle locale

Pour la jeunesse de ce quartier périphérique, le paradoxe est saisissant. Si Koliady 2 fournit, selon les représentants locaux, près de 90 % des agrégats nécessaires au secteur du bâtiment de la ville de Kindia, ses habitants ne perçoivent aucune de leur cadre de vie.

« Nous ne comprenons rien à la gestion des revenus issus de cette carrière depuis l’installation du nouveau bureau de quartier », s’indigne un manifestant. « Cette ressource devrait être une bénédiction pour notre communauté, mais nous subissons l’injustice au quotidien. »

Le mécontentement se cristallise notamment sur le dénuement en infrastructures sociales. Les manifestants pointent du doigt un chantier de mosquée à l’arrêt depuis plus d’un an, faute de moyens. Un symbole fort dans une localité qui se envoie délaissée par ses propres responsables.

Une rupture de confiance avec les autorités de quartier

Malgré la mise en place récente d’un conseil de quartier, censé assurer le lien entre les administrés et les autorités communales, le dialogue semble rompu. L’absence des élus sur le terrain ce samedi matin a été perçue comme un signe supplémentaire de mépris par les jeunes mobilisés.

Aboubacar Sidiki Koulibaly, porte-parole de la jeunesse de Koliady 2, martèle la détermination du mouvement : « Nous restons mobilisés jusqu’à ce que nos droits soient rétablis. Nous ne demandons que la vérité et l’intérêt général, sans violence mais sans faiblesse. »

Sollicité par téléphone, le chef du quartier, le Dr Mamadouba Conté, a sobrement indiqué avoir entamé des démarches pour désamorcer la crise. Reste à savoir si ces promesses de conciliation suffiront à lever les barricades et à apaiser une jeunesse qui ne se contente plus de voir les camions de sable défiler sans que leur quartier n’en tire profit.

 

Amadou Sylla/ Lejour.Info

Tél. : 625 61 51 91