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RAVEC : LES AGENTS RECENSEURS TOUJOURS EN ATTENTE DE LEURS PRIMES, MALGRÉ LES PROMESSES DU GOUVERNEMENT

Plus d’un mois après la clôture officielle du Recensement Administratif à Vocation d’État Civil (RAVEC), une inquiétude grandissante secoue les rangs des agents recenseurs guinéens. Recrutés massivement à travers le pays pour cette opération d’envergure nationale, plus de 3 000 agents attendent toujours le paiement complet de leurs primes, alors même que le gouvernement a tiré profit du fichier biométrique issu de leurs efforts.

Lancé le 15 avril 2025, le RAVEC visait à doter la Guinée d’un registre biométrique fiable pour l’état civil et les futures échéances électorales. L’opération a couvert l’ensemble du territoire national ainsi que les représentations diplomatiques du pays à l’étranger. Face à l’engouement et à l’ampleur de la tâche, le gouvernement avait décidé de prolonger l’enrôlement jusqu’au 20 juin sur le territoire national, et jusqu’au 25 juin pour la diaspora. Cette prolongation a nécessité un second contrat pour les agents, venant s’ajouter au premier.

Selon des informations obtenues de sources proches du dossier, les agents ont signé deux contrats : l’un couvrant une période initiale de 50 jours, et un second de 20 jours pour la prolongation. Si la prime liée au premier contrat a été effectivement versée, la seconde – estimée à 1 583 000 GNF par agent – reste à ce jour impayée. Ce manquement suscite incompréhension et colère chez les concernés, qui estiment avoir rempli leur mission avec rigueur et dans des conditions parfois difficiles.

« Nous avons tout donné pour que le fichier soit fiable. Aujourd’hui, le gouvernement exploite les résultats, mais nous, les agents de terrain, sommes laissés-pour-compte », déplore l’un d’eux sous anonymat. Cette frustration est d’autant plus vive que le ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation a déjà publié les résultats du RAVEC, confirmant la disponibilité du fichier biométrique national, désormais utilisé comme base pour l’organisation du référendum constitutionnel prévu le 21 septembre.

Les agents recenseurs dénoncent un double discours : d’un côté, des autorités qui multiplient les actions politiques et électorales, et de l’autre, une absence de considération pour ceux qui ont rendu cela possible. Ils appellent les pouvoirs publics, en particulier le MATD et le ministère du Budget, à honorer dans les plus brefs délais les engagements financiers pris à leur égard. « Nous voulons simplement être payés pour le travail accompli. Ce n’est pas un don, c’est un droit », insistent-ils.

Alors que les préparatifs pour le référendum s’accélèrent, cette situation risque d’entacher la confiance entre l’État et les citoyens engagés dans l’administration électorale. Les observateurs craignent qu’un tel précédent ne compromette la mobilisation lors des prochains scrutins si les promesses faites aux agents restent lettre morte.

Source: B2S TV