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Selon l’indice Ibrahim, la gouvernance en Afrique est en recul

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Les progrès de gouvernance en Afrique ralentissent. Seuls 8 pays ont réussi à s’améliorer dans les 4 dimensions de gouvernance répertoriées par l’indice Ibrahim.

Dans son édition 2020, l’indice Ibrahim, qui a été revu en renforçant ses indicateurs, montre que si la bonne gouvernance en Afrique s’est améliorée globalement sur la décennie 2010-2019, la majorité des pays du continent marquent un recul sur les plans de la démocratie et de la sécurité.

En effet, note le rapport, si 61,2% de la population africaine vit désormais dans un pays où des progrès ont été recensés, en 2019 le score moyen a reculé pour la première fois depuis 2010. « Les perspectives économiques et le développement humain semblent s’améliorer au détriment des droits des citoyens, de l’État de droit et de la sécurité », lit-on.

L’indice, qui a démarré en 2007, est l’idée du milliardaire soudanais Mo Ibrahim, 74 ans, qui a fait fortune dans le domaine des télécoms.

L’Afrique australe en tête, l’Afrique centrale à la traîne

Au cours de la décennie écoulée, l’Afrique australe obtient le meilleur score en matière de gouvernance globale (53,3 %), suivie de l’Afrique de l’Ouest (53,1 %) et de l’Afrique du Nord (52 %). Deux régions ont un score inférieur à 50 % : l’Afrique de l’Est (46,2 %) et l’Afrique centrale, qui a enregistré le score le plus bas, soit 38,8 %. A travers l’Afrique, seuls huit pays ont réussi à s’améliorer dans les quatre dimensions de gouvernance répertoriées par l’indice Ibrahim

Dans un entretien avec la VOA, Mo Ibrahim explique qu’un 3e indicateur a été ajouté à l’indice: celui de « la voix citoyenne« , qui traque comment les citoyens perçoivent leur gouvernement.

Sur ce plan, le rapport relève un fait curieux : les Africains ont généralement une vue négative de leur gouvernement national, même dans les pays où les données indiquent qu’il y a de réelles améliorations dans la prestation des services sur le terrain.

« Cette divergence entre les données et les perceptions des citoyens est intrigante », a déclaré Mo Ibrahim, qui reste toutefois positif quand à la vue d’ensemble 2010-2019. « Au moins 60% de la population vit désormais sous une meilleure gouvernance« , souligne-t-il.

La pandémie du coronavirus

La période couverte s’arrête à la fin 2019, juste avant que l’Afrique ne soit frappée par la pandémie du nouveau coronavirus. Mais le rapport souligne qu’en « termes de droits, d’espace des libertés et de participation pour la société civile, le continent était engagé bien avant sur la voie de la dégradation et la pandémie a accentué cette trajectoire négative ».

« A l’inverse, les opportunités économiques étaient sur une trajectoire positive de progrès constant, et l’impact du Covid-19 menace à présent ce qui a été accompli dans ce domaine », déplore le rapport.

Ce qui fait craindre le milliardaire.

« Ce n’est pas difficile de deviner ce qui va se passer pour 2020: nous allons voir un sévère déclin économique et un retour en arrière sur les progrès réalisés par les pays africains dans le domaine économique », a commenté Mo Ibrahim.

Selon lui, les gouvernements africains doivent regarder « comment aller de l’avant« , malgré la crise. « Nous devons nous relever avec un meilleur modèle économique: il faut arrêter de compter sur un seul produit de ressources naturelles que nous vendons à un seul client, cela ne fonctionne pas« , estime-t-il.

AFP

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