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Procès du 28-Septembre en Guinée: Moussa Dadis Camara perd son calme lors des échanges

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En Guinée, Moussa Dadis Camara a comparu devant la justice pour la cinquième fois mardi 20 décembre. L’ancien chef d’État est l’un des principaux accusés dans les tueries du 28 septembre 2009, lorsqu’un meeting de l’opposition a été écrasé dans le sang, tuant plus de 150 personnes, plus d’une centaine de femmes ont été violées. La parole était aujourd’hui aux parties civiles et les échanges ont été très vifs.

Au fil des questions de maître Alpha Amadou DS Bah, le visage de Moussa Dadis Camara se ferme de plus en plus, rapporte notre correspondant à Conakry, Matthias Raynal :

« Vous avez dit ici que vous n’aviez aucune possibilité d’aller arrêter les massacres au stade, parce que selon vous, ils étaient déjà perpétrés, n’est-ce pas ? » « Vous voulez encore que je fasse une répétition ? J’ai dit que les faits étaient déjà accomplis, donc je n’ai plus de réponse à cette question. »

Il se mure dans le silence. Et puis, d’un coup, la tempête fait rage derrière le micro. « Mon capitaine, quand vous êtes arrivés au pouvoir, vous avez fait des discours creux », débute l’avocat, ce à quoi Moussa Dadis Camara lance en s’énervant : « vous n’êtes pas un bon avocat, parce que vous voulez troubler ! »

« Monsieur Camara, vous attendez la question s’il vous plaît », dit le président du tribunal, tentant de ramener le calme : « Dire qu’un discours est creux, ce n’est ni un propos offensant, ni veut dire pratiquement rien. Si vous ne l’avez pas fait, vous pouvez simplement dire « je n’ai pas fait ». Et on ne peut pas dire « je ne réponds plus », donc vous n’allez pas imposer des questions, ce n’est pas vous qui donnez les règles du jeu ici, monsieur Camara.

Moussa Dadis Camara met à nouveau Alpha Condé en cause

Lors du quatrième jour de procès pour le capitaine Moussa Dadis Camara, qui se crispe de jour en jour, l’ancien chef de la junte au moment des faits en veut terriblement à l’ancien président Alpha Condé, rapporte notre correspondant à Conakry, Mouctar Bah. Il l’accuse nommément d’avoir orchestré le putsch qui l’a évincé du pouvoir en décembre 2009, avec la complicité de son ami et compagnon d’armes Sékouba Konaté :

« Je fus trahi par mon homme de confiance Sékouba Konaté, c’était l’homme avec qui je partageais le pouvoir, je ne faisais rien sans lui. Mais, dans ce jeu, il était de connivence avec le professeur Alpha Condé ».

Pour Souleymane Kéita, membre du bureau politique du RPG, le parti d’Alpha Condé, le capitaine Dadis Camara fait de la diversion :

« Accuser le professeur Alpha Condé, pour nous, c’est une simple façon de divertir l’opinion publique. Mais le fait c’est que des militaires ont quitté le camp Alpha Yaya et ce sont rendus au stade du 28 septembre pour massacrer des citoyens qui manifestaient. Donc, je ne vois quel lien on peut faire entre cet évènement et le professeur Alpha Condé, qui appartenait aux forces vives au même titre que l’ensemble des leaders de l’époque. Tous ces acteurs étaient réunis au sein des forces vives. »

La comparution de Moussa Dadis Camara doit reprendre mercredi 21 décembre, il fera à nouveau face aux avocats des parties civiles.

RFI