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Massacre au Mali: IBK remplace son état-major et dissout la milice dogon

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le chef d’état-major général des armées M’Bemba Moussa Keita, limogé

Au Mali, au lendemain du massacre de plus de 135 civils peuls dans le centre du pays, près de la frontière avec le Burkina Faso, le gouvernement malien a annoncé, dimanche 24 mars, la dissolution de l’« association Dan Nan Ambassagou » et le remplacement des principaux chefs de l’armée. Le président Ibrahim Boubacar Keïta avait réuni, ce dimanche matin, un Conseil des ministres extraordinaire. Au lendemain de l’attaque, c’est la consternation, alors que les secours s’occupent encore des blessés.

Le Premier ministre malien a pris la parole devant la presse après le Conseil extraordinaire dimanche. Il a annoncé la dissolution de « l’association Dan Nan Ambassagou », groupe armé dogon basé dans le centre du Mali qui, officiellement, affirme défendre les civils de la communauté. Cependant, pour plusieurs associations, il s’agit d’une milice, véritable bête noire des civils peuls. Plusieurs sources s’interrogent d’ailleurs sur une possible implication de cette milice dans les événements survenus à Ogossagou, près de la ville de Bankass.

Dans son intervention, le Premier ministre malien a voulu également lancer un message de clarification et de fermeté. « Les milices qui ne déposeront pas les armes seront désarmées », a-t-il affirmé.

Le Conseil extraordinaire a également décidé le limogeage du chef d’état-major des armées, de celui de l’armée de Terre et enfin du patron de l’armée de l’Air. « Ce réajustement était nécessaire pour donner un nouveau souffle à nos acquis », a précisé Soumeylou Boubeye Maïga.

« Toutes les milices seront dissoutes et les décisions seront appliquées. Les forces de sécurité seront sur place pour désarmer tous ceux qui s’entêtent, a assuré Amadou Koïta, le porte-parole du gouvernement, au micro de RFI.

Pour Soumaïla Cissé, leader de l’opposition, ces mesures sont insuffisantes. Il aurait fallu démettre de leurs fonctions plusieurs ministres en charge de ce dossier.

« Tout le monde est mort, tout est brûlé »

Selon des témoins, c’est la désolation dans le village d’Ogossagou. Les habitants creusent ce dimanche une fosse commune pour enterrer une quarantaine de civils, qui n’ont pas pu être inhumés la veille, le jour du drame. « Nous n’avons pas le moral, les gens sont tous traumatisés », témoigne par téléphone un élu. Un autre décrit les restes de cases brûlées, les animaux calcinés, les affaires personnelles réduites en cendres, des témoignages silencieux de l’horreur.

Une délégation gouvernementale sur place

Une délégation du gouvernement – composée notamment de trois ministres – s’est rendue sur place dimanche pour rencontrer les familles rescapées ainsi que 43 personnes blessées. Face à eux, les autorités avaient une priorité en tête : assurer leur sécurité.

« Nous avons rencontré des populations meurtries, nous avons vu cet acte horrible, nous avons vu des enfants calcinés, des femmes calcinées. La scène est horrible, rapporte Amadou Koïta, porte-parole du gouvernement. Le gouvernement a décidé d’entreprendre toute action pour d’abord sécuriser les rescapés, sécuriser le village. Un contingent de l’armée est déjà sur place. »

Des dizaines de militaires ont été dépêchés dans les villages. Le gouvernement s’est engagé à arrêter les auteurs de ces massacres et à apporter la justice. Le procureur de Mopti a aussi fait le déplacement, car une enquête a été ouverte pour situer les responsabilités.

Par ailleurs, les secours se sont organisés une partie de la soirée, samedi, notamment pour évacuer les blessés. Ils ont été conduits vers la localité de Bankass pour certains, vers Mopti pour d’autres.

Les Maliens sous le choc

Sur les réseaux sociaux ou dans les rues, les Maliens disent leur choc et leur indignation au lendemain du massacre. Un choc partagé par le représentant de la mission de maintien de la paix Mahamat Saleh Annadif qui, devant la presse samedi et entouré d’une délégation du Conseil de sécurité de l’ONU, a enjoint à l’Etat de stopper la spirale de la violence.

Comme d’autres élus des environs, Cheick Harouna Sankaré, maire de Ouenkoro, affiche son inquiétude. Cet ancien candidat à la présidentielle explique que dans la ville de Bankass, aujourd’hui, des civils peuls demandent protection, demandent même à partir plus au sud.

Les associations des droits de l’homme ainsi que l’association communautaire peule Tabital Pulaaku pointent l’absence de l’Etat dans cette zone. Le massacre d’Ogossagou n’est pas un cas isolé. Selon Tabital Pulaaku, dans le cercle de Bankass, les affrontements intercommunautaires ont fait au moins une cinquantaine de morts depuis janvier 2019.

RFI

http://www.rfi.fr/afrique/20190324-mali-consternation-secours-massacre-centre-peuls-ogossagou

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