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Les quatre régions naturelles de la Guinée ne sont ni ethniques ni linguistiques… (Pr Sano)

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C’est sur la base de la diversité des conditions écologiques et naturelles que le territoire guinéen a été divisé en quatre Régions bien distinctes, à savoir la région des basses plaines (Basse Guinée), la région des massifs montagneux et des contreforts (Moyenne Guinée), la région de hautes plaines, du bassin du Niger, de la savane arbustive et au vaste territoire (Haute Guinée), et la région couverte de forêts et bénéficiant d’une saison des pluies plus longue (Guinée Forestière).
Certes, cette division écologique et naturelle est, de façon générale, grossière et approximative. À l’évidence, il est très facile de noter la variation de l’altitude, de la topographie, de l’hydrologie, de la végétation, de la température et des sols à l’intérieur de la même région, particulièrement dans les régions de la Moyenne et de la Haute Guinée.
Aussi, faut-il noter que ces quatre régions naturelles regorgent en son sein de dizaines de groupes ethniques, de groupes linguistiques et des obédiences religieuses différentes.
En d’autres termes, aucun groupe ethnique ou linguistique ne pourrait se targuer d’être propriétaire unique d’une région. Par exemple, la Basse Guinée et la Haute Guinée n’ont appartenu ni aux Soussous, ni aux Bagas, ni aux Peulhs, ni aux Malinkés, ni aux Kissiens, ni à d’autres ethnies guinéennes. Aussi, la Moyenne Guinée et la Guinée forestière n’appartiennent non plus ni aux Peulhs, ni aux Kpélés, ni aux Soussous, ni aux Malinkés, etc.
Cela dit, les ressortissants de la Basse Guinée ou de la Haute Guinée, ou de la Moyenne ou encore de la Guinée forestière devraient être forcément composés des ethnies Peulh, Soussous, Malinkés, Kpélés, Tomas, Kissiens, etc.
Cela est dû au fait que l’appartenance à ces régions devrait être déterminée uniquement par le libre choix de l’individu de cette région comme étant son lieu de résidence permanent. Car les autres appartenances, comme l’ethnie et langue maternelle sont au-dessus des individus et en dehors de leur choix.

Oui, vu la difficulté, voire l’impossibilité de distinguer ces régions naturelles en fonction des considérations    linguistiques ou ethniques, les pouvoirs publics ont logiquement opté pour une division administrative de ces régions qui, elle, transcende fondamentalement les langues et les ethnies. Fort heureusement, à date, le territoire guinéen est composé, administrativement, de sept régions administratives, plus la ville de Conakry, la capitale (Boké, Kankan, Labé, Zérékoré, Faranah, Kindia, Mamou).

Vu les liens familiaux sacrés et les relations historiques d’amitié et de fraternité, qui existent entre les groupes ethniques et linguistiques, compte-tenu de la coexistence pacifique et harmonieuse entre les confessions religieuses, et vu la forme laïque de l’État adoptée par les différentes constitutions de la République, depuis l’accession du pays à l’indépendance, les pouvoirs publics doivent prendre leurs responsabilités régaliennes et s’acquitter de leurs devoirs sacrés, consistant à pénaliser toute forme de division, de discrimination et de ségrégation basée sur l’ethnie, la langue et la religion. Ils doivent traduire en justice les promoteurs et les défenseurs du régionalisme, de l’ethnocentrisme et du clientélisme.

Les pouvoirs publics doivent interdire sur toute l’étendue du territoire national, la tenue et l’organisation de fora, de séminaires, de conférences à connotation ethnique et linguistique de quelque nature que ce soit.

Ces tâches s’imposent à l’Etat, car ces attitudes et comportements sont, en réalité, fallacieux, dévastateurs et destructeurs de fondement de la nation.  Ils empêchent, littéralement, tout développement durable, toute prospérité partagée, toute cohésion escomptée et toute harmonie radieuse. Ils encouragent et promeuvent la médiocrité, le favoritisme et la démagogie au détriment de la productivité, de la sérénité et de l’excellence. Ils mettent en péril tout choix digne, décent et objectif des personnes devant exercer les fonctions stratégiques qui leur incombent et assumer ainsi leurs responsabilités dans la conduite des destinées de la nation. En plus, les divisions basées sur les considérations irrationnelles dénoncées ci-dessus favorisent le règne spectaculaire des opportunistes, des extrémistes, des démagogues et des fanfarons aux dépens des sujets excellents, méritants, qualifiés, efficients et efficaces.

En somme, la transformation de la division écologique en division linguistique est un amalgame malsain, contre nature. Par conséquent, il faut rejeter et punir celles et ceux qui la cultivent et la pratiquent, à travers des propos inconséquents et des activités inconscientes dans la cité.

Aussi, l’utilisation de la division écologique du territoire national pour diviser les Guinéens en groupes ethniques, n’est qu’une falsification de l’histoire des liens familiaux entre les groupes ethniques en Guinée. Conséquemment, il est impératif d’interdire les organisations et les mouvements qui prônent cette division.

En plus, l’usage de la division écologique comme  moyen d’opposer les groupes ethniques, les uns aux autres, traduit un désarroi pitoyable et une attitude haineuse de la part de celles et ceux qui ignorent ou méprisent les relations d’amitié et de fraternité historiques qui ont toujours existé entre les groupes ethniques en Guinée, depuis des siècles.

Pareillement, employer la division écologique comme base de distribution des postes de responsabilité, pourrait être considérée comme une manière de légitimer indirectement le régionalisme et l’ethnocentrisme, alors que l’exercice des fonctions publiques à quelque niveau que ce soit devrait être fondé sur le mérite et l’efficacité.
C’est pourquoi, les patriotes soucieux de l’avenir de la nation ne devraient jamais se lasser de dénoncer et démasquer les suppôts de la division ethnique et régionaliste, à travers les voies légales et les médias, de les juger publiquement, et de les condamner à des peines conséquentes. C’est à ce prix que nous arriverons à sauver l’unité et la stabilité de la nation.

Puisse Le Détenteur Absolu de tous les pouvoirs, inspirer les décideurs afin qu’ils s’acquittent incessamment de leurs responsabilités et devoirs vis-à-vis de la cohésion, de l’unité, de la stabilité et du vivre ensemble, menacés quotidiennement par la montée inquiétante des promoteurs du populisme, du sectarisme, de la désolation et de la division ethnique  dans  notre beau pays.

Que Dieu bénisse la Guinée !

God bless la Guinée!!

Professeur Koutoubou Moustapha SANO

PhD in Laws

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