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Le plus haut magistrat équato-guinéen limogé pour des pots-de-vin présumés

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Le président de la Guinée équatoriale a annoncé samedi avoir démis de ses fonctions le plus haut magistrat du pays après que celui-ci a avoué avoir reçu des pots-de-vin d’une enseigne commerciale condamnée dans un vaste scandale sanitaire.

Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, qui dirige ce Etat pétrolier d’Afrique centrale depuis près de 43 ans, a destitué David Nguema Obiang Eyang, président de la Cour suprême de justice depuis 2018, « puisqu’il assume la responsabilité des irrégularités commises dans l’exercice de ses hautes fonctions », selon un décret présidentiel lu à la radio et à la télévision d’Etat TVGE.

Le magistrat a « reconnu avoir reçu un pot-de-vin de 100 millions de francs CFA (environ 153.000 euros) de Comercial Santy », a tweeté Teodoro Nguema Obiang Mangue, le tout-puissant vice-président et fils du chef de l’Etat, dont il est présenté comme le « dauphin ».

Ni le décret, ni le tweet ne précisent le sort judiciaire du magistrat, et les autorités, quelles qu’elles soient, ne répondent jamais aux sollicitations directes des journalistes, réservant les informations officielles aux médias d’Etat.

Mi-juin, Comercial Santy, une des plus grosses enseignes de supermarchés et de pharmacies du pays, avait été condamnée pour « délit contre la santé publique » par un tribunal pour avoir notamment changé les dates de péremption de produits alimentaires et vendu des produits pharmaceutiques non autorisés.

Comercial Santy, un groupe familial espagnol né en 1960 en Guinée équatoriale huit ans avant son indépendance de l’Espagne, avait été condamnée mi-juin à une amende de 411 millions de francs CFA, environ 625.000 euros, ses machines servant à changer les dates de péremption avaient été confisquées et tous ses produits dont les dates avaient été altérées saisis pour être détruits.

Les supermarchés et les pharmacies Santy avaient également été fermées, mais elles avaient ensuite rouvert, manifestement sans autorisation.

Cinq autres magistrats ont été placés en garde à vue dans le cadre de cette affaire car ils ont avoué avoir reçu de l’argent pour permettre la réouverture de ces enseignes, selon la TVGE.

AFP