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Fête des travailleurs et/ou inquiétude des chômeurs face à la cherté de la vie : célébration d’une denrée très rare en Guinée

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La faillite du système bancaire serait-elle programmée en Guinée ?
DIALLO Mamadou

A l’image des années précédentes, nous célébrons cette autre journée internationale des droits des travailleurs dans un contexte particulier marqué par l’avènement d’un Gouvernement de transition mais aussi et surtout de la de crise sanitaire causée par le coronavirus et de ses avatars. Même si l’heure n’est pas au bilan, nous avons des fortes raisons de penser que le Covid-19 a négativement impacté l’activité économique en Guinée. Pour preuve, au cours de l’année 2020, certains secteurs notamment le tourisme, l’hôtellerie, le transport et la culture entre autres, ont cessé toute activité.

Comme à l’accoutumée, nous suggérons aux autorités de la transition de mettre cette journée à profit pour évoquer le chômage des jeunes. Il serait, en effet, plus judicieux d’organiser des salons de l’emploi dans les Universités afin de recevoir les personnes désireuses de faire un premier pas vers le marché du travail et/ou ceux qui ont perdu déjà leur emploi au cours des années passées. Une telle initiative devrait permettre de créer un lien étroit entre employeurs et chômeurs et mettre fin à cette sensation du côté des chercheurs d’emploi d’être de plus en plus exclus du monde du travail par le nombre de filtres qui les séparent des entreprises implantées en Guinée.

En accueillant ces jeunes qui attendent désespérément qu’on leur ouvre la porte, on pourrait leur redonner une lueur d’espoir. De plus, cette rencontre pourrait susciter d’autres rencontres en dehors desdits salons qui aboutiront éventuellement à des offres de stages ou des contrats de travail. De même, elle pourrait également être une occasion pour les employeurs de dénicher des nouveaux talents mais aussi et surtout de faire la promotion de leurs produits qu’ils proposent à une clientèle variée.

De l’autre côté, cette journée devrait ainsi permettre d’ouvrir un vaste chantier sur ce que l’Etat guinéen pourrait faire pour maintenir ne serait-ce que les emplois créés. De plus, les syndicalistes devraient saisir cette occasion pour trouver les voies et moyens d’engager des réformes novatrices dans les relations professionnelles avec les employeurs à travers un nouveau contrat social fondé sur un partenariat de plus en plus responsable. Enfin, cette journée devrait être un moment au cours duquel employeurs et travailleurs devraient se regarder droit dans les yeux pour évoquer les droits des travailleurs.

Nonobstant, la récente crise sanitaire à fort impact que la Guinée a connu au cours de ces 2 dernières années devrait susciter beaucoup des débats sur ce marché de travail car, elle a démontré que les entreprises peuvent être performantes avec peu de travailleurs dans les bureaux (dans la plupart des entreprises, c’est seulement 50% des employés qui ont contribué à l’augmentation plus que prévu des profits). Cette situation révèle que dans les prochaines années, l’émergence du télétravail mais aussi la diminution des effectifs qui s’en suivront, constitueront des menaces substantielles à la création des nouveaux emplois.

De plus, la Covid-19, nous montre la voie à suivre et nous rappelle qu’il est important d’investir dorénavant dans le secteur de la santé qui permettra à moyen terme de renflouer la trésorerie essentielle au développement économique et éviter ainsi aux guinéens de se rendre à tout moment dans les pays voisins et parfois même lointains pour des soins sanitaires. Cet investissement permettra également aux jeunes dont 50% ont moins de 30 ans (cf. enquête démographique réalisée en 2016 par le Ministère du Plan) de trouver une opportunité d’emploi car, le chômage est un phénomène structurel qui frappe davantage les personnes âgées de 20 à 29 ans et surtout ceux diplômés.

En somme, dans un pays comme la Guinée, les perspectives et le modèle de développement économique, social et politique des décennies prochaines dépendront notamment de notre aptitude à créer un nombre suffisant d’emplois décents, susceptible de réduire le chômage et la pauvreté. De nos jours, s’attaquer à la problématique du chômage semble être indispensable en République de Guinée car, les jeunes sont les plus concernés par ce phénomène. Ils sont soit sans emploi, soit cantonnés dans des emplois très peu rémunérés, voire pas du tout rémunérés, appartenant souvent au secteur de l’économie informelle où les heures et les conditions de travail sont inacceptables…

Safayiou DIALLO

Economiste