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Dominic Ongwen : la CPI tient compte de son passé d’enfant soldat en fixant sa peine

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L’Ougandais Dominic Ongwen, ancien commandant de la brigade Sinia au sein de l’Armée de résistance du seigneur (LRA), a été condamné à vingt-cinq ans de prison par la Cour pénale internationale (CPI) le 6 mai 2021. En février dernier, le chef rebelle avait été reconnu coupable de 61 crimes contre l’humanité et crimes de guerre perpétrés dans le nord de l’Ouganda entre le 1er juillet 2002 et le 31 décembre 2005. Des crimes allant de « la conscription et d’utilisation d’enfants de moins de 15 ans »  à des « crimes sexuels et à caractère sexiste » dont celui de « grossesse forcée ». Un crime dont il est le premier accusé a être reconnu coupable devant la CPI.

Au cœur de ce procès, le passé de victime de Dominic Ongwen. Le juge Bertram Schmitt, qui présidait la cour, a rappelé que la CPI avait été confrontée dans l’affaire Ongwen à « une situation unique ». A savoir celle d’« un auteur de crimes qui, volontairement et lucidement, a causé d’énormes souffrances à ses victimes » mais « qui avait lui-même connu des souffrances extrêmes aux mains du groupe dont il est devenu plus tard un membre important et un commandant ». Une singularité dont la cour a tenu compte pour fixer sa peine. La Chambre a ainsi accordé « une certaine valeur atténuante » aux  « circonstances de son enlèvement par la (LRA) à un très jeune âge et de son activité précoce au sein (du mouvement)« , indique le communiqué de la cour. Dans la même optique, elle « a refusé de condamner Dominic Ongwen (né en 1975) à une peine d’emprisonnement à perpétuité » afin de lui donner « une perspective concrète pour qu’il puisse éventuellement reconstruire sa vie ». 

Circonstances atténuantes

« Les crimes dont il a souffert ont été pris en compte au titre des circonstances atténuantes pour réduire la peine maximale encourue », analyse le juriste béninois Roland Adjovi, spécialiste du droit pénal international et des droits humains. « Et la Chambre explique bien que tous les enfants qui ont été kidnappés ne sont pas devenus des commandants comme Dominic Ongwen. Ce dernier a montré du zèle, une volonté spécifique d’en arriver là », poursuit-il.

Surnommé « fourmi blanche », il était le numéro 2 de la LRA dont le leader Joseph Kony est toujours en fuite. En 2005, des mandats d’arrêt ont été lancés contre cinq commandants de la LRA dont Dominic Ongwen qui s’est rendu dès 2014. Il a été transféré en 2015 à la CPI avant d’être jugé un an plus tard, devenant ainsi le premier commandant de la LRA à affronter la justice internationale.

Les différentes parties peuvent faire appel du verdict jusqu’au 21 mai 2021. « Si la condamnation de (Dominic Ongwen) devenait finale, précise la CPI,  « un État chargé de l’exécution de la peine » sera désigné par ses soins. La période de détention entre le 4 janvier 2015 et le 6 mai 2021 sera déduite de la peine totale de l’ancien chef rebelle.

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