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Covid-19, le virus de la corruption

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Depuis le début de la pandémie de Covid-19, des sommes importantes ont été mobilisées. Mais dans certains pays, cet argent n’est pas arrivé à destination ou une partie a été détournée, comme c’est le cas au Zimbabwe.

Des milliards d’euros ou de dollars ont été affectés à l’achat de matériels sanitaires, aux programmes d’aide économique d’urgence sans oublier la recherche pour trouver un vaccin.

Rien d’étonnant au fait que ces sommes affectées à la lutte contre la pandémie suscitent l’appétit de certains. L’urgence et l’ampleur de la pandémie ont en effet facilité les détournements, estime Sarah Steingrüber, spécialiste des mesures anti-corruption dans le secteur de la santé.

« Bien sûr que les contrôles sont beaucoup plus difficiles en cas de pandémie. Les équipements et les commandes doivent arriver à destination rapidement parce que c’est l’urgence. »

En période d’urgence, comme c’était le cas dans beaucoup de pays, les mécanismes de lutte contre la corruption ont été suspendus en raison des contraintes de temps.

Des masques de protection pour 28 $ l’unité

Au Zimbabwe, le ministre de la Santé, finalement limogé, Obadiah Moyo, a été au centre du scandale «Covidgate» après avoir commandé des équipements de protection hors de prix pour le pays.

Le ministre de la Santé, finalement limogé, Obadiah Moyo au centre du scandale «Covidgate»Des masques de protection ont été facturés à 28 dollars l’unité. Ce qui correspond au salaire mensuel de certains au Zimbabwe. Le marché qui a depuis été annulé a coûté 60 millions de dollars au budget de l’Etat.

Le ministre Obadiah Moyo a été limogé et inculpé. Cependant, Muchaneta Mundopa, directrice de Transparency International Zimbabwe, craint qu’il ne soit qu’un bouc émissaire :

« La question de savoir qui sont les véritables propriétaires de la société bénéficiaire de la commande n’a pas encore été résolue. »

Entretemps, une photo du patron de la société avec Collins Mnangagwa, le fils du président Emmerson Mnangagwa, publiée sur les réseaux sociaux, continue de susciter des commentaires au Zimbabwe.

Quand la corruption prend le dessus

Transparency International Zimbabwe travaille également sur la corruption dans les soins de santé, explique Muchaneta Mundopa.

« Ce n’est pas encore fini mais ce que nous pouvons déjà dire, c’est qu’il y a aussi de la corruption dans le secteur pharmaceutique. Et c’est ce qu’on appelle la corruption de survi. Une corruption dans laquelle le personnel médical sous-payé accepte des pots-de-vin. »

Un autre fait entrainant la corruption au Zimbabwe : à Harare, il n’y a que sept respirateurs artificiels dans le plus grand hôpital de la capitale.Drapeau du Zimbabwe

« Dans ces conditions, si 50 patients malades de la Covid-19 ont besoin de respirateur, vous pouvez imaginer ceux qui seront aidés en premier – au détriment des gens ordinaires. »

Des cas similaires ont été signalés dans d’autres pays en Afrique depuis le début de la pandémie. Des individus vont jusqu’à acheter la fin prématurée de leur quarantaine pourtant officiellement prescrite.

Le scandale du riz corona

Il y a aussi un scandale majeur au Cameroun. 40 millions de dollars et des équipements de secours sont portés disparus selon des acteurs de la société civile – de même que 4.000 sacs de riz destinés aux personnes ayant besoin d’aide.

Des sacs de riz qui auraient été revendus sur le marché.

Malaise au sommet de l’Etat : le ministre de la Santé Manaouda Malachie a été obligé de nier les accusations et de déclarer que tous les dons avaient été entièrement distribués sous la supervision d’observateurs.

Dans ces pays, chaque cas de corruption compromet le succès de la lutte contre la pandémie et contribue ainsi indirectement à une propagation plus rapide du virus.

DW

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