Home International Cameroun: il y a 52 ans, l’exécution d’Ernest Ouandié, leader indépendantiste

Cameroun: il y a 52 ans, l’exécution d’Ernest Ouandié, leader indépendantiste

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Pour les générations actuelles, la mémoire de ce combattant reste assez diffuse. Une anomalie que tente depuis quelques de rectifier quelques bonnes volontés. Comme cette cérémonie d’hommage qui a lieu à Bafoussam dimanche 15 janvier, date anniversaire de son exécution.

Sur un flanc de colline au quartier Tougang de Bafoussam, une dizaine de personnes exécutent une procession sur une tombe qui surplombe l’environnement alentour. La structure est en béton et recouverte de carreaux blancs défraîchis sur lesquels a été érigé un buste. C’est celui d’Ernest Ouandié, l’une des principales figures des luttes pré et post-independance au Cameroun.

Il y a 52 ans, le leader historique de l’Union des populations du Cameroun (UPC) était fusillé sur la place publique à Bafoussam. Le régime d’Ahmadou Ahidjo, au pouvoir depuis l’accession du pays à l’indépendance, venait ainsi à bout du dernier grand combattant de la résistance camerounaise après la disparition de Ruben Um Nyobe et Félix Roland Moumié.

« Chaque année, nous serons là comme on a commencé il y a douze ans. Et on le fera savoir pour ceux qui sont ignorants de notre propre histoire. Qu’ils puissent savoir que ton sang n’a pas été versé pour rien », dit Hilaire Kamga, initiateur de la cérémonie d’hommage et de recueillement.

Un regret tout de même pour ce petit groupe de personnes, la relative quasi indifférence que suscite cette date du 15 janvier auprès des résidents de Bafoussam, qui vont jusqu’à ignorer la présence sur cette terre de l’ouest de la tombe de martyr de la lutte pour la souveraineté totale du Cameroun. « Chaque fois nous faisons cet exercice, à savoir qui connaît où se trouve la tombe de Ernest Ouandié. Mais rarement nous avons des réponses positives, à l’exception de quelques-uns. La majorité ne sait pas, et nous sommes vraiment touchés parce que ça devrait être quelque chose de partagé. »

En plus du rituel pour la mémoire institué depuis quelques années tous les 15 janvier, les initiateurs projettent, dans un proche avenir, de construire une stèle digne du prestige du personnage historique qui est enterré là. Ernest Ouandié qui hier encore était considéré comme un maquisard et est désormais réhabilité comme héros national.

RFI