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Burkina, les Peuls en grand danger !

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La liste des 50 000 nouveaux Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP) enrôlés par les autorités burkinabè n’a toujours pas été officialisée qu’on dénombre déjà de multiples exactions contre la communauté peule.

Dans la nuit du 30 au 31 décembre 2022, a eu lieu le drame de Nouna où 28 personnes ont été exécutées sommairement par des VDP, selon des témoins. Ce massacre aurait été perpétré en représailles de l’attaque d’une base militaire par des djihadistes du JNIM. Le gouvernement a ouvert une enquête pour « élucider les circonstances du drame et situer toutes les responsabilités. »   Si l’initiative est louable, il est permis de douter des résultats puisque lors de précédents massacres, Yirgou, Arbinda, Kain et Banh, pour ne citer que ceux-ci, aucun des responsables, pourtant connus de tous, n’ont été inquiétés.

Si le bilan des autres exactions perpétrées depuis le mois de décembre n’est pas aussi élevé qu’à Nouna, elles n’en sont pas moins inquiétantes car elles démontrent une vraie volonté de créer la terreur au sein de cette communauté.

Une longue liste d’horreurs

Selon des sources burkinabè, en une quinzaine de jours, au moins 21 personnes ont été arrêtées à Kaya par les VDP, sans qu’aucune infraction ne leur ait été notifiée, de plus ces volontaires ne sont légalement pas investis des pouvoirs judiciaires. Dans les environs de Solenzo, quatre membres d’une même famille ont subi le même sort. Idem à Ouahigouya, mais la mobilisation a permis que les personnes soient relâchées par la gendarmerie. Dans le secteur de Gorom-Gorom, 11 personnes ont été exécutées sommairement. Depuis deux jours, les marabouts de Kaya sont eux aussi mis aux arrêts ; Toujours selon les mêmes sources, le gendre et le berger du chef peul de Loropénie, dans le sud-ouest du pays ont été tués. Cette liste n’est pas exhaustive et elle s’allonge chaque jour…

Les lanceurs d’alerte muselés

Tous ces faits ont été dénoncés par le Collectif contre l’impunité et la stigmatisation des communautés (CISC). Son secrétaire général, le docteur Daouda Diallo, figure de la réconciliation et infatigable lanceur d’alerte depuis des années a, lui aussi, été victime de plusieurs tentatives d’enlèvements à Ouagadougou.

Tous ces faits dramatiques et inquiétants annoncent une tragédie de plus grande ampleur, si le chef de l’Etat, le capitaine Traoré et son Premier ministre Apollinaire Tambèla ne décident pas d’y mettre un terme dans les plus brefs délais.

Mondafrique