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Amadou Diouldé Diallo, journaliste-historien dénonce : « le paiement de mes arriérés de salaire m’a été refusé »

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A l’aube des indépendances, l’éminent économiste français, René Dumont, rendit visite au président sénégalais, Léopold Sedar Senghor à Dakar. Dès leur rencontre, le visiteur dit à son hôte, que « l’Afrique est mal partie ». Le président Léopold Sédar Senghor s’en offusqua et répondit par la négative. Bien des années plus tard, voilà René Dumont de nouveau en séjour à Dakar où il est reçu par le président sénégalais. Dès leur poignée de mains, Senghor dit à son visiteur : « oui monsieur René Dumont, l’Afrique est bien mal partie ». Ce dernier répondit : « monsieur le président, j’aurais préféré me tromper ».

Au lendemain du coup d’État du 5 septembre qui a renversé Alpha Condé, j’avais perçu cet acte comme la fin de mon calvaire, surtout quand le Colonel Mamadi Doumbouya déclara que la justice sera la boussole de tous les actes qu’il allait poser à la tête du CNRD et du pays.

Fort du changement intervenu, j’avais douloureusement il est vrai, tourné la page des dures épreuves endurées. Celles-ci ont pour noms mon renvoi en 2012 de la RTG (où j’étais chef du service des sports), la suspension de mon salaire depuis mars 2014 et mon emprisonnement à la Maison Centrale de Conakry (du 27 février au 19 mai 2021).

Je suis donc la plus grande victime de la presse guinéenne du régime d’Alpha Condé dont les caciques ont tout mis en œuvre afin que je sois jugé au pénal, conséquemment de 3 à 5 ans de prison. Le ministre de la Sécurité, Albert Damantang Camara, avait d’ailleurs publiquement invité Sidy Souleymane Ndiaye, le procureur du tribunal de Dixinn à le faire.

Convaincu que l’injustice dont j’ai été victime allait être réparée par mon rétablissement dans mes droits, j’ai entrepris depuis le 11 septembre 202, des démarches administratives, allant des courriers adressés au président de la Transition et au Premier ministre, aux rencontres au niveau des ministères de l’Information et de la Communication, de la Fonction publique et du Travail et du Budget avec tous les documents justificatifs indiscutables.

Pendant ce temps, ma santé se dégradait suite aux effets néfastes d’une bactérie contractée en prison « l’helico bacter pilori » qui rongeait ma muqueuse gastrique.

Au finish, mon dossier de restitution de mes arriérés de salaire a été purement et simplement rejeté par le ministère du Budget, sous l’influence des extrémistes, le clan toxique qui tourne autour du Colonel Mamadi Doumbouya.

« J’aurais préféré me tromper », avait dit René Dumont à Senghor.

J’aurais préféré me tromper, en pensant naïvement comme bon nombre de gauchers, que la boussole de la justice dont parlait le Colonel Mamadi Doumbouya à sa prise de pouvoir, était orientée vers moi. Pour quelle raison ? Je laisse à chacun de vous le soin de répondre, tout en ayant la mienne déjà.

Le même clan toxique me souhaitait le pire, en misant sur l’infaillible dégradation de mon état de santé avec deux graves crises d’estomac et le manque de moyens pour venir voir mes médecins en France.

Malheureusement pour le clan de ces extrémistes tapis au palais Mohamed V autour du Colonel Mamadi Doumbouya, le pire souhaité ne m’est pas arrivé, grâce à la forte mobilisation de ma famille, des ressortissants de Télimélé, ma préfecture natale à Conakry, des frères et amis vivants au Canada, aux États-Unis et en Europe avec pour première enveloppe de soutien celle de madame Makalé Traoré.  Le tout, ardemment soutenu par l’ensemble de la presse nationale.

Aujourd’hui, je suis mes soins médicaux en France et mon état de santé s’améliore au grand dam de ceux qui pensaient que ne pas me payer mes arriérés de salaire signifiait ma mort. Erreur !

Comme le dit un proverbe soussou « to koule kore tina a bokhi » ; lire : « aujourd’hui, le singe est en haut, demain il est en bas ».

Cela prendra le temps que ça va prendre ; mais, un jour, je serais rétabli dans mes droits. J’en jouirais ou mes enfants en jouiront ; car, ces droits sont inaliénables et indéniables.

En renouvelant ma reconnaissance infinie à toutes les bonnes volontés qui m’ont permis de suivre mes soins médicaux dans un contexte où ma vie était en danger, je reste fidèle à mes convictions en disant ma part de vérités sur tous les sujets qui concernent mon pays la République de Guinée.

Je rappelle les deux qui sont à l’origine de mes ennuis avec le régime de Alpha Condé et qui malheureusement semblent être maintenus par ses successeurs sous la dictée du clan toxique du palais Mohamed V.

« Le palais des Nations actuel, Mohamed V, a été rénové par le général Lansana Conté et non par Alpha Condé » ;

« Il y a- et cela pour toujours- Fouta Djallon et non Manden Djallon », Wassalam !

Amadou Dioulde Diallo, journaliste-historien en soins médicaux à Clermont Ferrand (France)